Gabon: Quand Ndong Obiang découvre subitement le poison de la fraude électorale à travers un processus qu’il a légitimé

François Ndong Obiang en tournée dans le 2e Arrondissement d’Owendo pour le Vote « Oui » pendant la campagne du Referendum © DR

Libreville, le 7 octobre 2025 – (Dépêches 241). Il n’est jamais trop tard pour prêcher la vertu, mais encore faut-il être crédible, encore faut-il être un exemple. En affirmant publiquement craindre que la nouvelle Assemblée nationale soit infestée de députés tricheurs et sans légitimité , François Ndong Obiang, Ministre de la Réforme des Institutions, semble découvrir tardivement les maux d’un système électoral qu’il a pourtant soutenu à chaque étape décisive de la Transition supposée mettre un terme aux pratiques d’antan. 

Dans une déclaration déclaration aux accents de sermon François Ndong Obiang, ancien président de Réagir, désormais coquille du fait du bicéphalisme qui l’a rongé et anéanti, s’inquiète de l’arrivée plus que probable de plusieurs parlementaire illégitimes du fait fraude massive organisées aux élections législatives et locales 2025. 

Cette déclaration, il faut le dire, arrive avec un étrange décalage : le Ministre Ndong Obiang a lui-même défendu, sans réserve, les processus électoraux antérieurs, notamment le référendum constitutionnel et l’élection présidentielle de cette même Transition, organisés sur la base du même fichier électoral corrompu qu’il dénonce aujourd’hui à demi-mot.

Un fichier pourtant critiqué de longue date pour ses irrégularités structurelles, ses doublons, son opacité, et son manque d’audit indépendant. Ces défauts n’étaient ni nouveaux, ni invisibles. Ils ont simplement été ignorés, parce qu’ils servaient à l’époque une cause politique que Ndong Obiang soutenait activement.

Le ministre de la Réforme des Institutions n’a jamais émis la moindre réserve pendant la concertation nationale, pas plus que pendant le référendum constitutionnel, ni lors de la présidentielle du 12 avril, malgré les signaux d’alerte clairs envoyés par une partie de l’opinion et certaines formations politiques encore lucides. 

Une tentative de rachat moral aux allures de calcul politique

Dans ce contexte, sa sortie actuelle apparaît moins comme un acte de courage que comme une tentative de se repositionner, maintenant que le paysage politique post-électoral s’éclaircit. C’est au voisinage de l’éclaircie que certains découvrent enfin le ciel orageux qu’ils contribuaient hier à assombrir.

Le ton moralisateur, mêlant foi et politique , « l’onction de Dieu », n’y change rien : cette prise de parole n’efface ni le silence d’hier, ni les compromissions passées. Elle semble surtout destinée à préserver l’avenir politique d’un homme conscient que l’opinion publique n’oublie pas si vite les responsabilités dans la fabrication d’un système électoral faussé et d’un régime dont l’imposture se révèle aux yeux des Gabonais un peu plus chaque jour. 

Une critique sans courage ni responsabilité

Car enfin, s’il y a aujourd’hui des élus « sans légitimité », qui les a laissés arriver jusque-là ? Pourquoi les dénoncer seulement maintenant ? Et surtout : où sont les preuves, les actes, les réformes initiées par le Ministre de la Réforme pour assainir ce processus ? Rien ! Nada ! En l’état, la parole de François Ndong Obiang manque de consistance politique. Elle se veut alerte morale, mais sonne comme un aveu déguisé, sans l’honnêteté ni la transparence nécessaires à un véritable engagement républicain. On ne réforme pas les institutions à coups de citations bibliques ou d’indignation tardive. 

Les Gabonais ne sont ni naïfs, ni amnésiques. Ils savent que ce qui se passe aujourd’hui était prévisible depuis longtemps. Ils n’ont pas oublié que certains responsables, aujourd’hui prompts à dénoncer, étaient silencieux lorsque le même système leur était favorable.

Si François Ndong Obiang souhaite vraiment préserver « l’honneur de notre jeune République », qu’il commence par assumer ses choix passés, reconnaître ses silences, et proposer des réformes concrètes, au lieu de distribuer des leçons de morale à ceux qui, peut-être, ne font que reproduire un modèle qu’il a contribué à légitimer.

One Commentaire

  1. BEKALE Edouard

    Quand tu c’est que tu n’as rien à dire arrête de t’attaquer aux gens qu’il ne faut pas si réagir est du bicephalisme alors le Parti démocratique Gabonais c’est quoi alors

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