
Libreville, le 18 Octobre 2025 – (Dépêches 241). L’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze a livré une réplique cinglante au site d’information Le Scalpel.info, après que celui-ci a mis en cause son indignation face à l’arrestation musclée de Harold Leckat, directeur de publication de Gabon Media Time (GMT), à sa descente d’avion. Dans sa parution du 16 octobre, le site avait tenté de justifier cette interpellation par un prétendu contrat litigieux entre l’entreprise de presse de l’intéressé, Global Media Time (GMT) et la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), allant jusqu’à évoquer un « détournement de fonds publics » de la part du journaliste.
Pour Le Scalpel.info, l’arrestation du patron de GMT ne saurait être qualifiée de « cabale » ni de « complot » et encore moins une tentative de museler la liberté de la presse. Mais la considère plutôt comme « un retour brutal à la réalité », lié à un contrat commercial mal exécuté, signé dans les conditions jugées opaques et sans appel d’offres, ayant abouti à un supposé détournement de fonds publics. Une lecture que rejette fermement Alain-Claude Bilie-By-Nze, qui accuse le site d’information de colporter des accusations infondées sans s’être informé ni sur la réalité du contrat, ni sur, le cas échéant, les procédures juridiques qui encadrent les litiges entre entreprises. Ainsi, L’ancien ministre de la Communication et des médias a tenu à rappeler au site d’information, dans une publication sur sa page Facebook, les principes élémentaires du droit et de la gestion publique.
« Les faits supposés , s’ils étaient avérés, ne pourraient être qualifiés de détournement de deniers publics puisqu’il n’est pas démontré que M. Harold Leckat ait été gestionnaire ou ordonnateur de fonds publics », a souligné l’ancien chef du gouvernement. Selon lui, si l’affaire relève purement d’un différend commercial, comme tel, elle devrait être tranchée devant le tribunal du commerce, et non au pénal, « puisqu’il s’agit d’un contrat entre deux parties jouissant chacune de la personnalité juridique », a-t-il affirmé.
Bilie-By-Nze s’interroge également sur la cohérence des autorités, qui ont justifié l’arrestation du journaliste par l’absence de mise en concurrence lors de la passation du contrat. Il rappelle à ce propos que « 97 % des contrats de l’État auraient été attribués sans appel d’offres », ce, en pleine transition, selon les propres chiffres du ministère de l’Économie et des Finances. Une statistique qui, selon lui, révèle le caractère arbitraire et discriminatoire de l’interpellation de Harold Leckat.
Pour l’ancien Premier ministre, cette arrestation « manu militari » du journaliste à sa descente d’avion est non seulement disproportionnée, mais symptomatique d’un système deux poids deux mesures où certains acteurs économiques et médiatiques sont ciblés pour leurs prises de position indépendantes. Il y voit une tentative malhabile de faire taire une voix critique sous couvert d’un prétexte juridique.
Aussi, selon le président d’ EPG, « les autorités auraient été crédibles si elles avaient agi de même pour toutes les entreprises ayant obtenu des contrats jugés léonins, sans mise en concurrence », martèle Bilie-By-Nze. En l’absence de traitement équitable, estime-t-il, « la supposée plainte de la CDC ne sert ici que d’alibi maladroitement agencé pour justifier le forfait ». L’ancien Premier ministre conclut sa réaction en réaffirmant son soutien à Harold Leckat et en appelant à laisser désormais la parole aux avocats du journaliste.
Dès lors, la sortie vigoureuse d’Alain-Claude Bilie-By-Nze sonne comme un rappel à l’ordre contre les dérives politico-judiciaires et les manipulations médiatiques. Au-delà du cas du journaliste Harold Leckat, elle pose la question du rapport entre justice, liberté de la presse et instrumentalisation du droit dans un contexte gabonais marqué par la crispation du pouvoir. En dénonçant une « cabale » et une justice sélective, l’ancien Premier ministre relance le débat sur la protection des journalistes et la nécessité d’un État de droit réellement impartial.







