La JICA Gabon: entre violation du code du travail gabonais, intimidation et refus de payer les droits des employés ? 

Roland Fabrice Boutoto, ancien Directeur Général Adjoint de la JICA ferait face à une injustice criarde de la part de son ancien employeur © Dépêches 241

Libreville, le 20 octobre 2025 – (Dépêches 241). Alors que l’opinion croit naïvement que les organisations internationales incarnent un modèle de rigueur éthique et morale, au Gabon, elles tendent à se transformer en une caricature de mauvaise foi administrative. C’est le cas de l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA), aujourd’hui au cœur d’un scandale social et moral d’une rare gravité. L’affaire opposant cette institution à son ancien Directeur Général Adjoint, Roland Fabrice Boutoto, met à nu une gestion indigne, marquée par le mépris du droit du travail et une absence totale de considération humaine. Derrière les discours policés de « coopération exemplaire », se cache une réalité bien plus sombre: celle d’une institution qui, au lieu d’honorer ses engagements, s’emploierait à broyer ceux qui la servent. 

Le dossier juridique, actuellement entre les mains du Tribunal du Travail de Libreville, est accablant. Roland Fabrice Boutoto, qui réclame la régularisation de ses droits, indemnités de services rendus, congés non pris, prime d’ancienneté, préavis, prime de risques, pour un total d’environ 28 millions de francs CFA, adjoint également à 80 millions de dommages et intérêts, soit plus de 107 millions FCFA dus. En réponse, la JICA a proposé la somme dérisoire d’environ 11 millions FCFA, conditionnée par une série de clauses humiliantes: obligation de signer une reconnaissance de « satisfaction totale », interdiction de toute action future, et silence imposé sur le fonctionnement interne de l’agence. En d’autres termes, un chantage à la dignité humaine. 

Ce traitement n’est pas un cas isolé. D’autres employés cumulant le même nombre d’impayés que Fabrice Boutoto seraient également concernés. Des lettres de revendication signées par les employés gabonais de la JICA dénoncent une accumulation d’abus: congés non pris depuis plusieurs années, non-paiement régulier de certaines primes, absence de dialogue social et conditions de travail dégradantes. Le personnel local est maintenu dans un rapport de sujétion quasi colonial face à une direction japonaise qui se retranche derrière des « difficultés administratives et budgétaires ». Une justification qui sonne creux lorsqu’on connaît la réputation mondiale et les moyens financiers colossaux de cette institution publique japonaise.  

Le cas de Boutoto révèle la dimension humaine et morale de cette crise. En arrêt maladie depuis juillet 2024, pour un problème médical documenté par certificats, il a vu son salaire de décembre et sa prime du 13e mois tout simplement suspendus, une violation flagrante du Code du travail gabonais. Pire encore, cette période de fragilité a servi de prétexte à la direction pour précipiter son éviction. Il s’agit ni plus ni moins que d’un licenciement abusif, maquillé sous un vernis de procédure administrative. L’arrêt maladie, loin de susciter compassion et accompagnement, a été exploité comme une opportunité pour écarter un cadre jugé « trop exigeant » sur la transparence et le respect des lois.  

Face à cette brutalité managériale, l’attitude de la JICA interpelle. Comment une agence censée incarner la coopération internationale peut-elle s’illustrer par des méthodes aussi répressives ? La rhétorique du « développement solidaire » se fracasse ici contre la réalité d’une gestion autoritaire, où la peur, le chantage et la dissimulation remplacent le dialogue et la justice. L’exigence imposée à M. Boutoto de renoncer à tout recours et de protéger la réputation de l’agence en échange d’un règlement dérisoire constitue une dérive grave, assimilable à une tentative d’étouffement judiciaire.  

Ce scandale met également en lumière la faillite morale de certaines représentations étrangères au Gabon, qui s’abritent derrière leur statut diplomatique pour piétiner les droits des travailleurs nationaux. La JICA, qui prétend soutenir la bonne gouvernance et l’État de droit dans ses programmes, agit ici en totale contradiction avec les valeurs qu’elle prône. Il est urgent que les autorités gabonaises, Inspection du Travail, voire la Vice-présidence du Gouvernement,  se saisissent pleinement de ce dossier. Car tolérer de tels comportements, c’est accepter que la coopération internationale devienne un instrument de domination et d’humiliation à l’endroit des nationaux.  

L’affaire Fabrice Roland Boutoto contre la JICA n’est pas un simple litige de travail : c’est un révélateur d’une hypocrisie structurelle. En foulant aux pieds la justice sociale et la dignité humaine, la JICA salit sa propre mission et compromet la crédibilité de la coopération nippo-gabonaise. Une agence internationale n’a pas vocation à imposer la loi du silence, encore moins à mépriser ceux qui ont contribué à son rayonnement. Le respect du droit du travail n’est pas une faveur, mais une obligation universelle. Il appartient désormais à la justice gabonaise de rappeler à cette institution que, sur le sol du Gabon, nul n’est au-dessus de la loi,  pas même ceux qui se drapent du drapeau de la coopération. 

2 Commentaires

  1. Ada Minko Marie Laure

    Trop c’est trop il faut que ça change. L éthique japonaise est mise à nue. Vraiment du courage nous te soutenons. Rien ne t’arrivera

  2. Ferdinand

    Il est plus que nécessaire d’agir pour que les gabonais qui travaillent avec amour pour les choses avancent,soient traités de manière juste . C’est indigne du Japon

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