Du rififi à la DNA: le DG fait annuler à la veille de son ouverture un séminaire de formation, les courtiers en colère 

Étienne Ramba, Directeur Général des Assurances © DR

Libreville, le 17 novembre 2025 – (Dépêches 241). La Direction Nationale des Assurances (DNA) traverse une zone de turbulences dont elle se serait volontiers passée. À la veille de l’ouverture d’un séminaire de formation minutieusement préparé et très attendu des intermédiaires d’assurance, le Directeur Général, Étienne Ramba, a brusquement annulé l’événement. Une décision prise sans explication publique, et dont l’incohérence apparente jette une ombre embarrassante sur une institution déjà engagée dans un délicat travail de reconstruction de son image.

Le séminaire en question, prévu le 10 novembre dernier à Glass au KARE F, portait sur un thème d’une importance cruciale pour la profession : « la confection du dossier annuel par les intermédiaires d’assurance ». Piloté par le Directeur Général Adjoint, Sylvanel Kiki, assurant l’intérim du DG alors en mission, le projet avait suivi un processus que d’aucuns jugent exemplaire : communication régulière à la hiérarchie, validation par la tutelle de l’Économie, mobilisation des équipes, réservation et paiement des salles, rémunération des prestataires, inscriptions finalisées. Les entreprises et courtiers avaient réglé leurs frais de participation et s’apprêtaient à entamer une semaine de formation annoncée comme stratégique pour la mise à niveau du secteur.

C’est donc la brutalité de l’annulation qui interroge et alimente les crispations. Comment expliquer que le Directeur Général décide, sans motif explicité, de faire capoter un événement institutionnel entièrement ficelé, validé administrativement, et attendu par une profession souvent accusée d’insuffisance technique ? Quelles considérations impérieuses, inconnues du public comme des participants, ont pu amener Étienne Ramba à compromettre un programme préparé dans les règles et financé sur fonds publics ?

L’incompréhension est d’autant plus vive que l’annulation ne s’est accompagnée d’aucun dispositif d’amortissement : aucune note explicative, aucun plan de remboursement immédiat, aucune mesure visant à atténuer le désordre créé. Les courtiers, particulièrement irrités, exigent désormais le remboursement intégral de leurs frais. Les entreprises, elles aussi pénalisées, dénoncent une désinvolture administrative difficilement défendable. 

Au-delà du simple incident, c’est la crédibilité de la Direction Nationale des Assurances qui se trouve, une fois encore, fragilisée. Une institution chargée de réguler l’un des secteurs les plus sensibles de l’économie ne peut se permettre des volte-face aussi abruptes, surtout lorsqu’elles génèrent perte financière, désordre interne et défiance publique. 

Dans un contexte où l’exigence de professionnalisation n’a jamais été aussi forte, cette affaire laisse un parfum amer d’amateurisme administratif et soulève une question à laquelle le Directeur Général devra tôt ou tard répondre : Qu’est ce qui qui a bien pu justifier une décision aux conséquences aussi désastreuses que difficilement intelligibles ? 

Une chose est sûre : à la DNA, on voulait renforcer la formation des intermédiaires. On aura finalement renforcé, la conviction générale que l’imprévisibilité peut être élevée au rang de méthode de gouvernance.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*