Crise humanitaire au gymnase Léon Augé d’Owendo: Les déguerpis du carrefour SNI en détresse après les pluies torrentielles de vendredi dernier

Le site de Léon Augé abritant actuellement les déguerpis du carrefour SNI.© DR

Libreville, le 24 novembre 2025-(Dépêches 241). Depuis 5 mois aujourd’hui, les déguerpis du carrefour SNI avaient trouvé refuge au gymnase Léon Augé, à proximité du Lycée Technique National Omar Bongo. Ce qui constituait jusque-là un abri précaire, s’est dernièrement transformé en véritable désastre suite aux pluies torrentielles de vendredi dernier, plongeant ainsi la trentaine de familles qui y vivent dans un désarroi total.

Le gymnase Léon Augé d’Owendo est l’éphémère sanctuaire qu’avaient trouvé les nombreuses familles déguerpies avec brutalité et inhumanité au carrefour SNI, il y a sensiblement 5 mois. Suite à une pluie d’une intensité biblique tombée à Owendo vendredi 21 novembre dernier, ce refuge a été submergé: le sol était recouvert de plusieurs flaques d’eau, héritage d’une crue subite, ainsi que de nombreux débris apportés par des vents violents.

Des conditions de vie inhumaines et insupportables

Aujourd’hui, certes l’eau n’est plus là, mais elle a laissé sa marque partout. Pour les occupants de cet espace, l’atmosphère est étouffante, chaque respiration est lourde, car le peu que ces sinistrés avaient pu sauver au moment de leur déguerpissement brutal en juin dernier vient d’être ruiné: les couvertures épaisses, les oreillers et les matelas de fortune sont désormais des masses spongieuses, imbibées et pesantes.

Une vue affligeante du refuge des sinistrés.

« Nous sommes établis ici depuis près de cinq mois, et avec les intempéries, ce n’est vraiment pas la joie. Nous avons accompli toutes les démarches requises, le service social nous a reçus en audience, mais depuis, nous attendons toujours la suite », a déploré Elvin Arthur Ndong, porte-parole des sinistrés, chez nos confrères de Gabon Review. Et une autre de continuer « à force de vivre ici, j’ai développé des mycoses, mais grâce à la générosité du responsable de la pharmacie du lycée, nous avons pu obtenir des pommades pour nous soigner », a-t-elle fait savoir de manière désespérée.

Un appel à agir lancé à l’endroit du Gouvernement de la République

Le véritable drame réside surtout dans le moral brisé de ces compatriotes. Ils sont assis ou debout sur quelques supports non impactés par les eaux tels que des tables renversées ou des caisses en plastique. Ils sont silencieux, leurs visages sont marqués par l’épuisement, la terreur passée et la résignation présente. Leur mutisme est plus poignant que n’importe quel cri. Cet abri n’a pas seulement été inondé, mais il a également été trahi par son rôle protecteur. C’est une scène de désolation intime.

« Voyez dans quelles conditions nous survivons avec les intempéries. Les enfants se rendent à l’école, certes, mais dans quel état ? Des pères et mères de famille en sont réduits à dormir sur des gradins. C’est l’État qui nous a enjoints de venir ici. Parmi nous, il y a des enfants », tel est le cri de cœur lancé au Gouvernement par ces compatriotes du carrefour SNI, victimes des Bulldozers et Caterpillars de la démolition de la Cinquième République Gabonaise, et qui attendent toujours une solution des autorités compétentes. Il est désormais impératif de reloger en urgence ces Gabonais, qui pour la plupart avaient un toit, et étaient propriétaires de plusieurs lotissements.

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