Gabon: l’activité pétrolière bientôt paralysée par une grève générale illimitée ?

Les sous-traitants opérant dans le secteur pétrolier menacent d’entrer en grève d’ici le 31 décembre 2025 © DR

Libreville, le 25 novembre 2025-(Dépêches 241). Dans une vidéo abondamment relayée sur internet et les réseaux sociaux ces dernières heures, les personnels de soutien et employés sur les sites de production engagés comme sous-traitants ont lancé un ultimatum aux multinationales opérant dans le secteur pétrolier en ces termes: si les différents engagements pris en leur faveur par les sociétés ne sont pas respectés d’ici le 31 décembre 2025, une grève générale illimitée sera déclenchée dans ce pan sensible de l’économie Gabonaise. Toute chose qui pourrait paralyser de manière considérable l’activité de l’or noir, principale source de revenus de l’État.

« Les travailleurs sont épuisés, trahis, baladés par des promesses qui ne voient jamais le jour », c’est par ces mots d’une clarté irréprochable que les employés de la sous-traitance du secteur pétrolier ont tenu à exprimer leur ras-le-bol. Se sentant exploités et non traités à leur juste mesure, ces derniers ont également tenu à rappeler qu’ils n’étaient pas de simples « figurants » dans l’industrie pétrolière. Mieux, « nous sommes ceux qui créent la richesse. Nous sommes ceux qui tiennent ce secteur debout jour et nuit », ont-ils martelé pour faire comprendre aux dirigeants et aux multinationales de ce secteur leur rôle prépondérant dans cette activité.

Devant la surdité des employeurs, les travailleurs du secteur pétrolier ont donc lancé un ultimatum dont la date butoir est désormais connue. « Si d’ici le 31 décembre, rien ne bouge, alors ce n’est plus une revendication : c’est une riposte, c’est la dignité des travailleurs qui parle et c’est le refus catégorique de continuer dans la précarité pendant que d’autres prospèrent sur nos efforts », ont répété avec fermeté les employés de la sous-traitance du secteur pétrolier gabonais.

Il faut rappeler que depuis plusieurs années, les agents de la sous-traitance pétrolière dénoncent l’extrême précarité de leurs conditions de travail, le non-respect du Code du travail en vigueur au Gabon, des emplois instables ainsi que la spoliation de revenus par les sociétés de mise à disposition du personnel, lesquelles seraient accusées de s’enrichir sur le dos des véritables travailleurs.

Le Gouvernement devrait donc convoquer très prochainement sur la table des négociations les compagnies pétrolières concernées par ces plaintes et les travailleurs pour une sortie de crise en toute sérénité, faute de quoi, le pays tout entier pourrait être considérablement impacté par cette grève, au regard du poids de l’or noir dans les recettes de l’État. 

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