
Libreville, le 26 novembre 2025-(Dépêches 241). Coup de tonnerre en Guinée-Bissau. Ce mercredi 26 novembre, une faction de l’armée régulière a déposé Umaru Sissoco Embaló, juste quelques jours après une élection présidentielle ultra contestée, où les deux principaux protagonistes s’étaient autoproclamés vainqueur du scrutin, faisant le lit à une prise facile de pouvoir par les militaires.
La capitale de la Guinée-Bissau s’est réveillée sous des tirs nourris aux alentours du Palais présidentiel. Selon plusieurs sources locales, il s’agit d’une frange de l’armée sous le commandement du Général Denis N’Canha, qui s’est emparé du pouvoir, après notamment des vives contestations ayant suivi le dernier scrutin présidentiel. Le Président Umaru Sissoco Embaló, le Chef-d’état Major de l’armée, son adjoint ainsi que le Ministre de l’Intérieur auraient été arrêtés par les hommes du Général Denis N’Canha. Si la situation reste confuse à l’heure actuelle, les militaires contrôleraient cependant plusieurs points stratégiques du pays.
Ce nouveau coup de force militaire replonge la Guinée-Bissau dans une instabilité chronique qui semble constitutive de son histoire politique. Depuis son indépendance, le pays demeure l’un des plus fragiles d’Afrique de l’Ouest, miné par des rivalités internes, une faible institutionnalisation du pouvoir et une armée régulièrement tentée par l’arbitrage des crises politiques par la force. La chute d’Embaló Sissoco apparaît ainsi comme l’épilogue brutal d’un processus électoral vicié par la méfiance, les accusations de fraude et l’incapacité des institutions à trancher les contentieux.
Sur le plan régional, cette prise de pouvoir risque de provoquer de vives réactions de la CEDEAO et de l’Union africaine, traditionnellement opposées aux changements anticonstitutionnels. Des réunions d’urgence seraient déjà envisagées par plusieurs chancelleries de la sous-région, tandis que la communauté internationale appelle à la retenue et à la protection des civils.
En attendant, la population de Bissau retient son souffle, partagée entre crainte d’un chaos prolongé et espoir d’une transition politique plus crédible, dans un pays où la stabilité semble toujours suspendue à la volonté des armes.







