Taxer via une énergie absente: quand la panne d’électricité du Grand LBV expose l’absurdité de la Taxe d’Habitation

En plein débat sur la taxe d’habitation prélevé sur les factures SEEG, LBV privé d’électricité depuis la matinée.

Libreville, le 12 décembre 2025 – (Dépêches 241).  Alors que la controverse autour de la taxe d’habitation, censée être prélevée via les factures d’électricité, continue de diviser l’opinion publique, le Grand Libreville est plongé dans l’obscurité depuis ce matin. Une coupure qui met en lumière les incohérences d’un système incapable d’assurer un service de base, mais prompt à imposer une nouvelle charge fiscale aux ménages.

Depuis les premières heures de la matinée, plusieurs quartiers du Grand Libreville sont privés d’électricité, entraînant un ralentissement brutal des activités domestiques, professionnelles et administratives. La coupure, devenue le lot quotidien des ménages gabonais, intervient alors que les débats sur la Taxe Forfaitaire d’Habitation (TFH) enflamment déjà le climat social. Pour beaucoup, l’ironie est totale : comment parler de taxer via les factures d’électricité quand l’électricité elle-même ne parvient pas jusqu’aux foyers ?

Une incohérence majeure : taxer ce qui n’est pas fourni

Le gouvernement a annoncé que la TFH serait collectée directement sur les factures SEEG, transformant ainsi la consommation électrique en vecteur de fiscalité. Or, la situation de ce jour expose une contradiction fondamentale : prélever un impôt à travers un service qui demeure instable, aléatoire et parfois inaccessible est une hérésie que seule la Ve République peut servir au Peuple. Les Librevillois dénoncent désormais une double peine : subir des coupures interminables tout en étant sommés de financer davantage un réseau défaillant.

En 2025, voir une capitale moderne être privée d’électricité et, dans de nombreux quartiers, d’eau courante, illustre les limites d’un modèle de gestion qui peine à répondre aux besoins essentiels du quotidien. Pour la population, cette panne massive n’est pas un incident isolé, mais le symptôme d’un système fragilisé, où les infrastructures vieillissantes et le manque d’investissements aggravent quotidiennement la situation. À cela s’ajoute désormais la volonté gouvernementale d’introduire une taxe supplémentaire, perçue comme une mesure déconnectée des réalités vécues.

Une taxe qui divise et un malaise grandissant

La TFH, présentée comme un outil de financement local, suscite des interrogations profondes sur son opportunité et sa pertinence. Beaucoup y voient une surcharge injuste dans un contexte où les ménages peinent déjà à faire face aux coûts de la vie, sans garantie d’une amélioration des services publics. L’idée de la prélever sur des factures irrégulières, parfois inexistantes en raison des coupures, renforce le sentiment d’injustice. Comment justifier une taxe liée à un service qui, par moment, n’existe tout simplement pas ?

L’épisode de ce jour agit comme un révélateur : la question de la TFH n’est pas seulement fiscale, elle touche au contrat social, à la confiance entre l’État et ses citoyens. En exigeant davantage sans offrir mieux, le gouvernement risque d’alimenter une colère déjà palpable. Tant que la lumière refusera de s’allumer dans les foyers, difficile pour le pouvoir de convaincre que l’heure est venue d’en payer le prix.

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