
Libreville, le 15 Décembre 2025 – (Dépêches 241). La perspective de la suppression de la subvention accordée à la farine à compter de 2026 traduit une réorientation des choix budgétaires de l’État. Si cette décision répond à des impératifs de rationalisation financière, elle soulève néanmoins des interrogations quant à son impact sur les conditions de vie des ménages, dans un contexte économique déjà marqué par une pression croissante sur le pouvoir d’achat.
La fin annoncée du soutien public à la farine, évalué à près de 2 milliards de FCFA en 2025, constitue un tournant dans la politique de régulation des prix des produits de première nécessité. Denrée de consommation quotidienne, la farine occupe une place structurante dans l’alimentation des foyers, en particulier des couches à revenus modestes. Sa sortie du dispositif de subvention expose ainsi les ménages à une augmentation potentielle des dépenses alimentaires, dans un environnement où les marges de résilience financière demeurent limitées.
Cette évolution intervient alors même que les documents budgétaires font état d’une progression significative des dépenses de transferts sociaux. Toutefois, la réallocation de ces ressources interroge sur la lisibilité et l’efficacité de la protection accordée aux produits essentiels. Après une période marquée par des mesures de soutien destinées à contenir les effets de l’inflation, l’orientation retenue pour 2026 semble privilégier la consolidation budgétaire et l’investissement public, au risque d’affaiblir les mécanismes d’amortissement social mis en place ces dernières années.
Le maintien d’un taux réduit de TVA sur la farine atténue partiellement les effets de cette décision, sans toutefois en neutraliser les conséquences. Dans un contexte de durcissement de la pression fiscale et de persistance du chômage et de la cherté de la vie, la suppression de cette subvention envoie un signal social délicat. Elle rappelle la nécessité, pour les pouvoirs publics, d’articuler rigueur financière et équité sociale, afin d’éviter que les ajustements macroéconomiques ne se traduisent par une charge disproportionnée pour les ménages les plus vulnérables.







