Série de décès chez les enseignants Gabonais: L’opinion glacée par le silence indécent des autorités 

Simplice Désiré Mamboula fait montre d’un silence méprisant sur la question des décès récents de plusieurs professeurs ©Montage Dépêches 241

Libreville, le 15 décembre 2025 – ( Dépêches 241). Depuis quelques semaines, le monde de l’éducation nationale fait face à une réalité sombre et inacceptable: celle d’une série de décès dramatiques qui frappent la corporation enseignante, et face à laquelle les autorités compétentes ont choisi un silence effarant. Aucun communiqué officiel, aucune adresse à l’endroit des familles de ces soldats de la craie, aucune visite de ces autorités pour apporter un soutien moral aux veuves et orphelins si douloureusement éprouvés. Combien d’enseignants doivent-ils encore mourir en plein exercice de leur fonction pour que le Ministère de l’Éducation Nationale agisse enfin comme cela est attendu ?

La crise qui secoue la corporation enseignante n’est pas une abstraction. Elle est palpable. Elle se traduit depuis quelques semaines par une série de décès, presque dans les mêmes conditions, de plusieurs enseignants, dont le cas le plus emblématique reste celui de Nguema Bibang Alexandre, professeur certifié d’histoire-géographie en poste au Lycée Paul Indjendjet Gondjout (LPIG) de Libreville, parti craie dans une main et effaceur dans l’autre.

Cette situation n’est pas un simple inconvénient professionnel: c’est une tragédie humaine et un danger pour la société gabonaise si l’on n’y prend garde. Les enseignants, ceux qui éduquent et instruisent la jeunesse, construisent l’avenir du pays, sont en train de s’effondrer sous le poids des conditions de travail extrêmement difficiles, des effectifs pléthoriques, des salles de classe sans bureau ni chaise, et une craie dont les effets dévastateurs sont pourtant connus, le tout sans leurs situations administratives régularisées.

Le plus grand choc pour les familles aujourd’hui n’est même plus la difficulté d’avoir perdu un être cher, mais la réponse glaciale qui leur est opposée par le Gouvernement de la République, principalement le ministère de tutelle, à savoir l’Éducation Nationale. Malgré les nombreux décès documentés en l’espace de quelques jours, c’est un silence assourdissant et un vide d’engagement qui sont servis aux familles de ces concitoyens qui ont pourtant servi la nation avec honneur, fidélité et intégrité.

Ce silence n’est pas un oubli. Ce n’est pas une simple maladresse administrative. Ce silence est un acte politique. Il signifie de fait, que la souffrance et la survie des enseignants ne sont pas une priorité. Cela signifie que la corporation enseignante peut être sacrifiable.

Ce mépris constitue une double peine: il valide la crise qui secoue actuellement le monde de l’éducation et il insulte la dignité professionnelle de ces sculpteurs d’âmes que sont les enseignants.

Il appartient désormais aux enseignants eux-mêmes de transformer cette frustration en force collective. Ce silence indécent de la tutelle doit être fortement dénoncé, car les familles biologique et professionnelle de ces compatriotes partis de manière dramatique ne demandent pas de la charité, mais simplement de la justice et de la reconnaissance par rapport au rôle fondamental que leurs pères, mères, frères, sœurs et collègues ont joué dans la formation de l’élite actuelle et future du pays. 

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