
Libreville, le 17 Décembre 2025 – (Dépêches 241). Les États-Unis ont officiellement classé le Gabon parmi les pays jugés « préoccupants » en matière migratoire. Cette décision entraîne une suspension partielle et encadrée de l’entrée des ressortissants gabonais sur le territoire américain, aussi bien pour certains visas d’immigration que de non-immigration. Une mesure aux conséquences multiples, tant humaines qu’économiques.
Selon l’annonce faite mardi par la Maison-Blanche, les ressortissants gabonais titulaires de visas concernés verront désormais leur accès aux États-Unis restreint. Washington fonde sa décision sur des indicateurs jugés défavorables, notamment « un taux de dépassement de séjour de 13,72 % pour les visas touristiques et d’affaires B-1/B-2, et de 17,77 % pour les visas étudiants et d’échange F, M et J », rapporte notre confrère Gabon Review. Ces chiffres placent le Gabon parmi les pays surveillés de près par les autorités américaines.
Dans les faits, les services consulaires américains appliqueront une réduction de la durée de validité des visas non-immigrants délivrés aux ressortissants gabonais, dans les limites prévues par la loi. Des dérogations restent possibles, mais uniquement à titre exceptionnel et au cas par cas. Cette approche restrictive s’inscrit dans la continuité de la politique migratoire défendue par Donald Trump, réactivée dès son retour à la Maison-Blanche à travers plusieurs décrets et proclamations visant à renforcer les contrôles aux frontières.
Le président américain justifie cette orientation par la nécessité de prévenir toute menace à la sécurité nationale et à l’ordre public. Washington affirme vouloir s’assurer que les personnes admises sur son sol ne présentent aucun risque, qu’il s’agisse de terrorisme, de criminalité ou d’abus des dispositifs migratoires. Les autorités américaines pointent également des insuffisances persistantes dans les mécanismes de contrôle, de vérification et de partage d’informations de certains pays, dont le Gabon.
Les effets de cette décision pourraient être significatifs. Les étudiants gabonais engagés dans des parcours universitaires aux États-Unis, tout comme les chercheurs et stagiaires en mobilité internationale, font face à une incertitude accrue. Sur le plan économique, les entrepreneurs, cadres et acteurs culturels, habitués aux déplacements professionnels vers les États-Unis, verront leurs échanges ralentis. À terme, ce sont les coopérations académiques, scientifiques et économiques qui risquent de pâtir durablement de ce durcissement.







