Gabon : Pour Ondo Ossa,« Oligui Nguema évolue dans le mensonge »

Albert Ondo Ossa reçu en audience par Brice Oligui Nguema pendant la Transition © DR

Libreville, le 19 décembre 2025 – (Dépêches 241). Après avoir dénoncé les pressions exercées sur les membres de sa famille afin de le faire taire, l’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2023, qui continue de revendiquer sa victoire, Albert Ondo Ossa, est revenu, dans une interview accordée à Global Africa sur Télésud, sur les raisons pour lesquelles il a refuse, et refuse toujours, de travailler avec les militaires au pouvoir. Pour l’universitaire, sa victoire à cette élection ne souffre d’aucun doute. Contrairement aux membres d’Alternance 2023, la coalition qui avait porté sa candidature, l’homme politique se dit fidèle à ses engagements vis-à-vis du peuple gabonais et refuse de se compromettre en collaborant avec les putschistes pour des intérêts personnels.

Décidément, l’élection présidentielle de 2023 n’est pas derrière nous, du moins pour le principal concerné, le candidat d’Alternance 2023, Albert Ondo Ossa, qui continue, malgré tout, de revendiquer sa victoire. Il estime que, contrairement à ses camarades d’hier, qui se sont compromis en allant travailler avec Oligui Nguema, lui ne le fera jamais. Selon lui, le pouvoir actuel n’est pas crédible, dans la mesure où sa trame politique et son discours, depuis le départ, reposent essentiellement sur l’enfumage, les fausses promesses et la volonté de tromper tout le monde.

À cet égard, invité sur le plateau de Global Africa Télésud, il a déclaré, s’agissant des militaires au pouvoir qu’« ils évoluent dans le mensonge ». Avant d’ajouter : « Un pays ne peut pas évoluer dans le mensonge. Dire une chose et son contraire. Un pays se bâtit sur la base de l’honnêteté : honnêteté vis-à-vis de soi, honnêteté vis-à-vis de sa population, honnêteté vis-à-vis de ceux qui opèrent au Gabon », a-t-il déclaré.

L’ex-candidat dénonce ainsi une gestion de la chose publique et de l’État fondée sur la duplicité. Aucun des engagements pris par les autorités au lendemain du putsch contre Ali Bongo et ses affidés ne semble respecté. Au contraire, le pays s’enlise, les difficultés se multiplient et, à l’heure où on parle, rien n’indique que le régime actuel disposerait des outils politiques, économiques et sociaux nécessaires permettant au Gabon de se sortir de cette impasse.

À l’allure où vont les choses, le pire n’est plus à exclure : il devient une alternative probable. Il ne peut donc, pour ainsi dire, servir un pouvoir qui s’est radicalement éloigné des principes de la République et qui est arrivé au pouvoir par un acte anticonstitutionnel. D’autant que, selon lui, il « a été élu sur la base du droit et non du non-droit », a-t-il martelé.

À en croire l’éminent professeur d’économie, il reste droit dans ses bottes et refuse toute compromission avec le pouvoir post-transition. Quelles que soient les menaces, les chantages et les pressions exercées sur sa famille, il ne fléchira pas et continuera de réclamer l’application du droit, tout en dénonçant les errements du régime en place. C’est ce qu’il affirme avoir fait savoir à ses amis d’Alternance 2023 lorsque, après le coup d’État du 30 août 2023, les militaires étaient venus le voir afin de travailler ensemble. Il leur aurait alors indiqué qu’il « refusait de s’inscrire dans le non-droit en se mettant aux côtés des putschistes ; tous sont partis », a-t-il fait savoir. « Ils sont où aujourd’hui ? », a-t-il ironisé, comme pour se donner raison d’avoir décliné ce qui lui avait été proposé à l’époque, au regard de la situation de plus en plus préoccupante du pays. 

Les militaires restent certes au pouvoir, mais le candidat malheureux de 2023, Albert Ondo Ossa, tient mordicus et refuse de céder aux intimidations et aux pressions exercées sur  les membres de sa famille, en vue de le maîtriser. Pour lui, le Gabon est gouverné par des perfides trompeurs qui ont fait du mensonge d’État leur seul mode de gouvernance, tandis que le peuple gabonais semble abandonné à lui-même.

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