
Libreville, le 5 Janvier 2025 – (Dépêches 241). Pris dans la plus grande discrétion, le décret n°0487/PR/MASI du 18 décembre 2025, fixant les nouveaux taux des cotisations sociales, sonne comme un coup de massue porté aux travailleurs gabonais. Derrière une technicité administrative trompeuse se cache une réalité brutale, celle de la baisse immédiate et pernicieuse des salaires dont la conséquence n’est tout autre que l’aggravation de la précarité des ménages. Une nouvelle mesure qui contrevient aux promesses présidentielles de restauration de la dignité des Gabonais.
Le décret fixant les nouveaux taux, l’assiette et le plafond des salaires soumis à cotisation, marque un tournant important dans la politique sociale du Gabon. En augmentant significativement la part salariale des cotisations sociales, cette mesure suscite de vives inquiétudes quant à son impact sur le pouvoir d’achat des ménages, déjà éprouvés par un contexte économique et social tendu.
Jusqu’ici fixé à 18,5 %, le taux global des cotisations sociales se répartissait entre 16 % à la charge de l’employeur et 2,5 % supportés par le salarié. Depuis l’entrée en vigueur du nouveau décret, ce taux atteint désormais 23 %, avec une contribution salariale portée à 5 %, soit le double de l’ancien taux, tandis que la part patronale passe à 18 %.
Cette nouvelle mesure disons-le sans ambages, est profondément antisociale. Avec cette réforme la part du salarié à tout simplement doublé et plus grave, cela s’est fait sans débat public, sans pédagogie et sans consultations avec les partenaires sociaux.
Pour les salariés, la conséquence directe de cette réforme sera la baisse systématique des salaires. Du côté des employeurs, l’augmentation des charges sociales risque d’influencer les politiques de recrutement. Afin de préserver leurs équilibres financiers, certaines entreprises pourraient être amenées à proposer des salaires plus bas lors des nouvelles embauches.
Dans un pays où le Gabonais lambda peine déjà à joindre les deux bouts, où l’inflation grignote les revenus, où les loyers, le transport et l’alimentation étranglent les ménages, l’État choisit sciemment d’amputer davantage les salaires. Après la très contestée taxe d’habitation, voici donc venue la « taxe sur le travail ». Une augmentation des cotisations sociales manifestement mal calibrée et qui va, sans aucun doute aggraver , la précarité des ménages au lieu de renforcer la protection sociale.







