Henri Claude Oyima: « Je suis conscient que certaines réformes ont bousculé certaines rentes et parfois des intérêts installés »

Henri Claude Oyima a reconnu l’existence de certaines pesanteurs hostiles à la poursuite des économiques engagées ©DR

Libreville, le 7 janvier 2026 – (Dépêches 241). Hier lundi, Henri Claude Oyima, anciennement Ministre d’État, Ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations chargé de la Lutte contre la Vie Chère, a officiellement passé les charges à son successeur. À l’issue de cette cérémonie, il n’a pas manqué de dire certaines difficultés rencontrées durant l’exercice de ses fonctions, notamment les résistances aux nombreuses réformes initiées sous son magistère.

Le patron de BGFI n’est plus au Gouvernement de la Ve République Gabonaise. Son départ a été acté lundi dernier, avec l’annonce de la nouvelle équipe gouvernementale dans laquelle Thierry Minko lui a succédé au poste de Ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations chargé de la Lutte contre la Vie Chère. Au moment de rendre son tablier et de passer le relais à son remplaçant, HCO n’a pas manqué de rappeler les nombreuses résistances auxquelles il a fait face.

Pendant son laïus circonstanciel, l’ancien membre du Gouvernement a fait remarquer en filigrane que certaines personnes, tapis dans les arcanes du pouvoir, seraient opposées aux réformes qu’il a souhaité initier. « Je suis conscient que certaines réformes ont bousculé certaines habitudes, certaines rentes, parfois des intérêts installés, mais c’est le propre de toute réforme sérieuse, surtout lorsqu’elle est orientée dans l’intérêt du plus grand nombre », a-t-il lâché. 

Une résistance permanente aux changements dans les mentalités 

Dans le même ordre d’idée, le banquier a laissé entendre que « gouverner, ce n’est pas éviter les résistances ; c’est décider malgré tout, lorsque l’intérêt général l’exige », a martelé HCO, à propos des nombreuses réformes qu’il entendait porter. Un discours qui rappelle que toutes les décisions prises par lui ne poursuivait qu’un seul but: la restauration des fondamentaux économiques du Gabon. 

Mieux, derrière ces propos, c’est surtout le poids des pesanteurs systémiques qui transparaît. Des pesanteurs administratives, politiques et parfois humaines, nourries par la défense acharnée d’intérêts particuliers, peu enclin au final à s’effacer au profit de l’intérêt général. Les réformes engagées par Henri Claude Oyima, jugées nécessaires semblent s’être heurtées de plein fouet aux privilèges solidement ancrés.

Un départ voulu ou précipité ?

Dès lors, son départ du Gouvernement apparaît moins comme un simple jeu de chaises musicales que comme l’aboutissement logique d’un bras de fer prolongé entre une vision réformatrice exigeante et un système peu disposé à accepter des changements profonds touchant des intérêts personnels. Face à l’usure provoquée par ces entraves permanentes, Henri Claude Oyima aurait ainsi fait le choix de se retirer, convaincu que certaines réformes ne peuvent prospérer que dans un climat d’adhésion réelle et de volonté politique partagée. 

Une sortie qui, loin d’être un aveu d’échec, sonne plutôt comme le constat lucide des limites imposées à l’action réformatrice dans un contexte où le statu quo demeure, pour certains, plus confortable que la rupture.

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