
Libreville, le 9 janvier 2025 – (Dépêches 241). Comme il est de coutume chaque nouvelle année, les forces vives de la nation ont adressé leurs vœux au Chef de l’État, hier jeudi 8 janvier 2025. Durant son allocution de circonstance, l’Archevêque métropolitain du Gabon, Monseigneur Jean Patrick IBA-BA, a dit toute son inquiétude face à la trajectoire que semble prendre le pays, évoquant même une absence de rupture véritable entre le nouveau régime et l’ancien.
Après de longs mois de silence, Jean Patrick IBA-BA, l’Archevêque de Libreville, a de nouveau fait parler de lui. Hier jeudi 8 janvier 2025, à l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux au Président de la République, Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, il est revenu sur les grandes orientations politiques des nouveaux gouvernants.
Dans son discours, l’homme de Dieu a d’abord exprimé une légère satisfaction quant à certaines initiatives à mettre au crédit des nouvelles autorités, avant de dire toute son incompréhension devant plusieurs décisions du régime actuel. « Si nous saluons les efforts significatifs que vous consentez pour que le dialogue reste permanent avec toutes les forces vives de la nation, certaines orientations prises aujourd’hui nous laissent encore perplexes quant à la véritable rupture avec l’ordre ancien », a-t-il déclaré.
Une sortie qui résonne avec les nombreuses plaintes des populations ces derniers mois. En effet, comme sous l’ancien régime, les nouveaux dirigeants semblent désormais eux aussi frappés de surdité devant les cris des populations: destruction sauvage et inhumaine des habitations, imposition de plusieurs taxes asphyxiantes, vie chère, chômage à grande échelle, hôpitaux délabrés, absence d’une véritable prise en charge par les organismes de garantie et sécurité sociale, sont le triste lot de la Cinquième République Gabonaise.
Une interpellation lourde de sens, qui fait également écho au sentiment d’une justice toujours perçue comme un instrument de pouvoir plus que comme un pilier impartial de l’État de droit. Comme hier, la loi semble s’appliquer avec rigueur aux uns et indulgence aux autres, tandis que les préoccupations sociales majeures continuent d’être reléguées au second plan.
Espérons que l’interpellation des confessions religieuses fasse prendre conscience au nouveau régime de l’urgence d’agir différemment et de sauver de nombreux concitoyens en situation d’extrême vulnérabilité aujourd’hui.







