
Libreville, le 23 Février 2026 – (Dépêches 241). La suspension des réseaux sociaux décidée par la Haute Autorité de la Communication (HAC) continue de susciter de vives réactions sur l’échiquier politique gabonais. Dans une déclaration officielle signée par Noël Mesmin Kondondo, secrétaire général du Parti démocratique gabonais (PDG), l’ancien parti au pouvoir dit avoir pris connaissance avec une certaine indignation de la mesure qu’il qualifie sans détour d’« acte liberticide » imputant la responsabilité politique directe au régime de Brice Clotaire Oligui Nguema.
Dans son communiqué n’y est pas allé de main morte. L’ancien parti au pouvoir a en effet indiqué que la suspension des réseaux sociaux constitue « une mesure sans précédent dans l’histoire politique et institutionnelle du Gabon indépendant », tout en précisant que « jamais notre pays n’avait connu une décision d’une telle gravité portant atteinte frontale et délibérée à la liberté d’expression ». En inscrivant ainsi le débat dans une perspective historique et institutionnelle, l’ancien parti majoritaire a tenu à souligner la rupture opérée par cette décision avec les principes démocratiques et les garanties constitutionnelles qui consacrent le libre accès à l’information et la liberté d’opinion.
Sur le plan juridique, le Parti Démocratique Gabonais conteste vigoureusement l’argumentaire avancé par les autorités, fondé sur la loi n°019/2016 du 9 août 2016 portant Code de la communication. Selon le PDG, ce texte « vise des comportements individuels spécifiques et prévoit des sanctions proportionnées à l’encontre des auteurs de contenus illicites », sans pour autant conférer à la HAC le pouvoir de « suspendre de manière générale, collective et indéfinie l’accès à des plateformes entières ». Une telle interprétation serait, selon lui, juridiquement infondée et politiquement dangereuse, en ce qu’elle ouvrirait la voie à des restrictions disproportionnées des libertés publiques sous couvert de régulation.
Au-delà de la dimension strictement juridique, la formation politique met également en exergue les conséquences économiques et sociales d’une telle décision. Le Parti fondé par Omar Bongo rappelle que « des milliers d’acteurs économiques, commerçants, artisans, prestataires de services, entrepreneurs, femmes de marché, exercent leur activité quotidienne grâce aux réseaux sociaux », lesquels constituent pour beaucoup « le principal, voire l’unique outil de commerce », a-t-on pu lire.
En entravant brutalement l’accès à ces plateformes, la mesure selon la PDG fragilise un tissu économique déjà précaire, affectant directement les revenus de nombreux ménages et compromettant la dynamique entrepreneuriale, notamment chez les jeunes et les travailleurs du secteur numérique.
Dans sa conclusion, le PDG « condamne avec la plus grande fermeté » cette suspension, en exige « le retrait immédiat » et appelle la classe politique, la société civile, les organisations syndicales, les barreaux ainsi que les universitaires à défendre, « par tous les moyens pacifiques et démocratiques », ce qu’il considère comme un droit fondamental.







