Gabon : sous fond d’intrigue, Elza Rituelle Boukandou quitte ses fonctions du Conseil des Ministres

Opposante au régime Bongo-PDG, Députée de la Transition, Elza Rituelle Boukandou a quitté ses fonctions de SGA du Conseil des Ministres de façon quelque peu énigmatique ©DR

Libreville, le 26 Février 2026 – (Dépêches 241). Au terme du Conseil des ministres, Elza Rituelle Boukandou a quitté ses fonctions de Secrétaire Générale Adjoint du Conseil des Ministres. Une annonce rendue publique par l’intéressée elle-même à travers un message solennel publié sur sa page Facebook, dans lequel elle invoque« l’honneur », « la fidélité à la Patrie »et la poursuite de son engagement au service de l’État sous d’autres formes.

Figure politique connue de notoriété publique comme étant une opposante résolue au régime d’Ali Bongo, Elza Rituelle Boukandou avait très tôt fait le choix d’accompagner la transition incarnée par Brice Clotaire Oligui Nguéma, au lendemain du 30 août 2023. Son ralliement avait alors été salué comme le symbole d’un dépassement des clivages politiques au profit d’un engagement patriotique. 

Nommée à un poste stratégique au cœur de l’appareil d’État au lendemain de la victoire à l’élection présidentielle de l’ancien commandant en chef de la Garde Républicaine, Elza Rituelle Boukandou s’était imposée comme l’un des visages de cette nouvelle dynamique institutionnelle fondée sur la compétence, la discipline et la culture du mérite.

Dans son message, empreint de gravité et de reconnaissance, la désormais ex-SGA souligne avoir consenti à quitter ses fonctions « en responsabilité », tout en exprimant sa profonde gratitude au Président de la République pour la confiance accordée. Une formulation mesurée, mais suffisamment ouverte pour nourrir diverses interprétations. 

Faut-il y voir l’expression d’un désaccord latent face à certaines orientations du nouveau pouvoir, que d’aucuns jugent marquées par des dérives rappelant les pratiques du passé, ou s’agit-il, plus simplement, d’un retrait stratégique en prélude à une autre mission d’envergure ? L’intrigue demeure entière. Car si la démission, dans sa portée politique, peut traduire une prise de distance critique, elle peut tout autant s’inscrire dans une logique de redéploiement au sommet de l’État.

 En attendant d’éventuelles clarifications officielles, ce départ alimente les spéculations et relance le débat sur la trajectoire de la transition, ses équilibres internes et la capacité du nouveau régime à incarner une véritable rupture avec les méthodes d’hier.

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