
Libreville, le 13 Février 2026 – (Dépêches 241). L’affaire judiciaire visant l’homme d’affaires et ancien membre du gouvernement Hervé Patrick Opiangah connaît son épilogue. Le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Libreville, Dick Fabrice Boungou, a annoncé ce jeudi 12 mars 2026 le prononcé d’un non-lieu, décision juridictionnelle constatant l’absence d’éléments suffisants pour renvoyer le mis en cause devant une juridiction de jugement. Une conclusion qui met un terme à une procédure pénale aussi retentissante que controversée.
Ainsi s’achève l’un des dossiers judiciaires les plus commentés de ces dernières années au Gabon. Poursuivi pour des faits présumés d’atteinte aux mœurs à la suite d’accusations formulées par son ancienne compagne, Lucie Biloghe, l’homme d’affaires Hervé Patrick Opiangah bénéficie finalement d’un non-lieu pour insuffisance de charges. En droit pénal, une telle décision signifie que les éléments recueillis au cours de l’enquête n’ont pas permis d’établir l’existence de l’infraction ni la responsabilité de la personne poursuivie, rendant impossible tout renvoi devant un tribunal.
Cette décision vient clore une affaire qui, pendant de longs mois, a tenu l’opinion publique en haleine et alimenté d’innombrables controverses. Dès son déclenchement, la procédure avait suscité de vives interrogations : absence d’éléments matériels probants, plainte déposée postérieurement à l’engagement de l’action publique, et surtout une traque judiciaire jugée disproportionnée par les soutiens de l’ancien député. Pour nombre d’observateurs, ce feuilleton judiciaire aura mis en lumière les failles et les dérives d’un appareil judiciaire accusé d’avoir engagé des poursuites sans fondement solide.
L’affaire a également été marquée par la saisie spectaculaire de biens au domicile de l’ancien membre du gouvernement. Montres de valeur, écrans plasma, numéraires et divers objets avaient été emportés lors d’une perquisition, pour une valeur estimée à près d’un milliard de francs CFA. La décision de non-lieu entraîne désormais la restitution de ces biens. Les avocats de la défense avaient d’ailleurs contesté la régularité de leur consignation au Trésor public, rappelant qu’une telle procédure ne peut intervenir qu’à l’issue d’un processus juridictionnel régulier et contradictoire.
Au-delà du cas personnel de Hervé Patrick Opiangah, ce dossier laisse derrière lui un débat plus large sur l’état de la justice et la solidité de l’État de droit au Gabon. Beaucoup y voient l’illustration d’une procédure conduite avec précipitation et légèreté, révélatrice d’un climat politique où l’exigence de rigueur judiciaire semble parfois céder le pas à d’autres considérations. Si le non-lieu referme juridiquement l’affaire, il n’efface pas pour autant les interrogations qu’elle aura fait naître dans l’opinion sur le fonctionnement et l’indépendance de l’institution judiciaire.
Nous y reviendrons…







