Service d’écoute de la Présidence de la République gabonaise : fin de règne pour le Français Jean-Charles Solon au SILAM 

Le Service d’Interception et de Liaison des Affaires Militaires (SILAM) de la Présidence de la République désormais sous gestion souveraine ©Dépêches 241

Libreville, le 13 mars 2026-(Dépêches 241). Après treize ans de règne sans partage à la tête du Service d’Interception et de Liaison des Affaires Militaires (SILAM) de la Présidence de la République, Jean-Charles Solon a été limogé par le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Le Français a été remplacé par le général Bernard Gnamankala. Un fait historique, d’autant que c’est la première fois que ce service stratégique du renseignement militaire de la présidence sera dirigé par un Gabonais.

Alors que de nombreuses voix s’étaient élevées au lendemain du coup d’État du 30 août 2023 en raison du maintien de Jean-Charles Solon, de nationalité française, qui continuait de gérer le SILAM, près de trois ans plus tard, le chef de l’État a finalement décidé de mettre fin à ses fonctions. Fait historique, il est remplacé par un Gabonais, en la personne du général Bernard Gnamankala, ancien directeur général de la Documentation et de l’Immigration (DGDI).

Un acte qui, quelles que soient les interprétations qui peuvent en découler, peut être considéré comme un geste fort qui cadre avec la vision des autorités actuelles de rendre le pays plus souverain, notamment en ce qui concerne le domaine stratégique de la surveillance des communications nationales. Ce limogeage vient ainsi mettre fin aux multiples plaintes et dénonciations des employés de ce service contre le Français.

Dans ce contexte, la mesure prise par le président Oligui est à féliciter, d’autant plus que, de mémoire, jamais un Gabonais n’avait été à la tête de la gestion de ce service. C’est donc, à bien des égards, un acte permettant le renforcement de la souveraineté nationale sur les écoutes des communications des citoyens gabonais, contrairement au régime d’Ali Bongo, et avant lui, celui de son défunt père Omar Bongo Ondimba. 

Cependant, l’opinion et certaines figures de la sphère politique gabonaise ne manquent pas de s’interroger sur la sincérité de cette mesure. Ainsi, peut-on réellement dire que l’éviction de Jean-Charles Solon à la tête du SILAM marque l’engagement du chef de l’État de rompre de manière définitive avec la gestion décriée du régime déchu dans les domaines stratégiques ? Mieux, la nomination du général Bernard Gnamankala signifie-t-elle que les autorités du nouveau régime gabonais ont entamé un véritable processus de rupture avec l’ancienne puissance coloniale ?

Si cette décision apparaît comme un signal fort en faveur d’une reprise en main nationale d’un service sensible de l’État, elle reste néanmoins observée avec prudence par une partie de l’opinion. La véritable portée de ce changement se mesurera dans la durée, à travers la manière dont ce service stratégique sera désormais géré et mis au service des intérêts souverains du Gabon. 

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