
Libreville, le 4 avril 2026 – (Dépêches 241). Le 1er avril dernier, Germain Biahodjow, ministre de la communication et des médias, annonçait lors d’une conférence de presse la levée progressive de la suspension des réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire national gabonais. Une annonce frappée du sceau de l’incohérence pour beaucoup, car dans l’opinion, il se dit que le gouvernement entend procéder à la levée d’une mesure qu’il n’aura véritablement jamais appliquée.
Le 17 février 2026, la Haute Autorité de la Communication (HAC) décidait de la « suspension immédiate des réseaux sociaux sur le territoire national Gabonais jusqu’à nouvel ordre ». Seulement, malgré cette décision, les internautes gabonais sont pour la plupart restés connectés sur les plateformes visés par ladite suspension. Jeunes, personnes adultes et même les administrations publiques et privées sont demeurés très actifs sur leurs différents réseaux sociaux.
Une décision frappée du sceau de l’incohérence ?
La décision de la HAC de suspendre les réseaux sociaux a révélé une absurdité remarquable: alors que ces derniers étaient censés être coupés, hors réseau, le ministère et même les institutions étatiques ont paradoxalement continué de communiquer via leurs plateformes numériques. Directions Générales, Hautes Autorités Administratives, les Institutions Constitutionnelles et même les médias d’État ont maintenu leur présence sur les réseaux sociaux, au mépris de la mesure gouvernementale.
Aujourd’hui, les réactions fusent, et en disent long sur le regard de l’opinion au sujet de cette annonce du ministère de la communication. « Est-ce qu’il sait que Gabon 24 et Gabon Télévision publient sur Facebook depuis toujours ? », a d’abord ironisé un internaute, au sujet de cette décision. « Un aveu de faiblesse et d’échec devant un peuple, au moral bandé, qui a réussi à faire plier l’Etat », soutient de manière plus radicale un autre. Pour finir, d’autres ne manquent pas de souligner l’inutilité de cette décision. « Restez avec votre internet, on sait l’avoir sans vous », a clamé un jeune gabonais.
Au demeurant, l’inopérance de cette mesure saute aux yeux. Car en dépit de l’annonce officielle de la suspension des réseaux sociaux, la vie numérique des Gabonais n’a jamais véritablement été interrompue. Les plateformes comme Facebook, X ou encore WhatsApp sont restées largement accessibles et utilisées au quotidien par des milliers d’internautes à travers le pays.
Publications, commentaires, vidéos en direct et échanges privés ont continué de circuler sans véritable entrave, donnant l’impression que la décision de suspension n’existait que sur le papier. Dans ces conditions, l’annonce de la levée progressive de cette mesure ressemble moins à un acte de régulation qu’à la tentative de mettre fin à une décision qui, dans les faits, n’aura jamais produit les effets escomptés.







