
Libreville, le 26 juin 2026-(Dépêches 241). Le collectif des habitants et propriétaires de parcelles de la cité Bangole, située dans le 2ème arrondissement de la commune Ntoum a élevé la voix le samedi 20 juin 2026 dernier pour dénoncer ce qu’il qualifie de violation flagrante de ses droits fonciers. Réunis en assemblée, les riverains ont accusé la société immobilière SCI KMJ et LEKABI, avec l’appui de l’Agence nationale de l’urbanisme, des travaux topographiques et du cadastre (ANUTTC), de mener des travaux de terrassement en dehors du cadre légal, sous couvert d’un projet d’assainissement, d’aménagement routier et de lotissement lancé par le Chef de l’État.
Selon les populations concernées, le différend foncier dure depuis plusieurs mois et s’est progressivement aggravé. Les habitants affirment que les travaux ont été lancés sans aucune consultation préalable, sans opération de recensement des propriétaires et sans qu’aucune mesure d’indemnisation n’ait été envisagée. Une situation qui suscite une vive inquiétude parmi les détenteurs de parcelles et les résidents de cette zone de Nkoltang.
Les plaignants indiquent que la SCI KMJ et LEKABI leur ont présenté le titre foncier n°32802, correspondant à la section JJ située sur la rive gauche du bras de mer. Toutefois, ils dénoncent le fait que les opérations de terrassement se déroulent désormais sur la rive droite, soit au-delà du périmètre officiellement couvert par ce document administratif. Les habitants estiment ainsi que les limites foncières auraient été volontairement outrepassées avec la complicité présumée de certains responsables de l’ANUTTC.
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Les riverains dénoncent également l’utilisation répétée du nom du président de la République, chef de l’État, chef du gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema, par les promoteurs du projet. Selon leurs témoignages, les responsables de l’opération auraient affirmé agir sur instruction directe des plus hautes autorités du pays afin de procéder au déguerpissement des populations, sans qu’aucune mesure d’accompagnement social ou de relogement n’ait été prévue.
Face à cette situation, les populations ont décidé de saisir les juridictions compétentes afin d’obtenir la suspension des travaux et la reconnaissance de leurs droits. Cependant, elles déplorent la poursuite des opérations de terrassement malgré les procédures judiciaires en cours. Les habitants affirment par ailleurs être empêchés d’accéder à leurs propres parcelles, désormais surveillées par des agents de police qui, selon eux, ne présenteraient aucun ordre de mission officiel.
Déterminées à faire valoir leurs droits, les populations ont également introduit, le 9 juin dernier, une procédure au pénal contre les sociétés mises en cause. Malgré cette nouvelle démarche judiciaire, les travaux se poursuivraient sans interruption. Après avoir saisi plusieurs administrations compétentes sans obtenir de réponse satisfaisante, les membres du collectif interpellent directement le président de la République afin qu’il intervienne personnellement pour mettre un terme à ce qu’ils considèrent comme des abus inacceptables.
Cette affaire de la cité Bangole illustre une nouvelle fois la sensibilité des questions foncières au Gabon et met en lumière les tensions persistantes entre les populations, les promoteurs immobiliers et les institutions publiques. En attendant les conclusions des procédures judiciaires engagées, les habitants réclament le respect strict de leurs droits et appellent les autorités à faire toute la lumière sur ce dossier afin d’éviter que des citoyens ne soient privés de leurs biens dans un contexte marqué par de fortes attentes en matière de justice et de gouvernance foncière.







