
Libreville, le 22 Juillet 2026- (Dépêches 241). Ce lundi 20 juillet 2026, à Paris, Brice Clotaire Oligui Nguema et Emmanuel Macron ont assisté à la signature d’un protocole d’accord entre Eramet et l’État gabonais sur la transformation du manganèse. La scène rappelle une autre rencontre, un an plus tôt : en juillet 2025, le Directeur général d’Eramet, Paulo Castellari, avait acté avec le président gabonais la transformation locale de 2 millions de tonnes d’alliages de manganèse par an, un objectif réaffirmé en novembre 2025 puis en janvier 2026 par le ministre des Mines Gilles Nembé.
Le chiffre retenu cette fois est de 700 000 tonnes de minerai transformé par an d’ici fin 2031, soit environ trois fois moins que l’ambition initiale de 2 millions de tonnes d’alliages, et deux ans après la date butoir de 2029 fixée par le Gabon lui-même pour interdire l’exportation du manganèse brut. L’écart entre les deux chiffres n’est ni expliqué ni commenté dans le communiqué du 20 juillet.
Le recul ne s’arrête pas au tonnage. En 2025, l’accord prévoyait la création de plus de 16 000 emplois directs et indirects. Le nouveau protocole évoque un fonds d’amorçage industriel visant 3 000 emplois, soit moins d’un cinquième du chiffre initial. Autre engagement disparu des annonces : la construction d’une centrale électrique par Eramet, actée en 2025, remplacée en 2026 par une charge transférée à l’État gabonais, sans partenaire ni montant identifiés.
Sur le plan financier, l’écart est significatif. Une usine de 265 kt d’alliages par an nécessite, sur la base de projets comparables en Afrique centrale, une puissance électrique de l’ordre de 300 MW. Au coût standard d’une centrale thermique neuve, entre 1 et 1,5 million de dollars par MW, la facture énergétique se situerait entre 180 et 270 milliards de FCFA, un montant qu’aucune des deux parties n’a confirmé et qui reposera sur l’État gabonais plutôt que sur Eramet.
Deux chefs d’État ont donc validé, en une cérémonie très médiatisée, un accord dont les chiffres sont revus nettement à la baisse par rapport aux engagements pris un an plus tôt, avec une charge financière nouvelle transférée au budget gabonais. La communication insiste sur l’ambition industrielle ; les chiffres, eux, racontent un recul.







