
Libreville, le 23 Juillet 2026 – (Dépêches 241). Le protocole d’accord du 20 juillet 2026 tranche sur un point précis : pour la future usine d’alliages de manganèse de 265 kt par an, la plus importante des trois annoncées, c’est la République gabonaise qui devra assurer le développement des solutions énergétiques nécessaires, avec le soutien de « tiers autres qu’Eramet et sa filiale Eramet Comilog ». Aucun partenaire, aucun montant, aucun calendrier de financement n’est précisé dans le communiqué.
Ce partage des charges marque une inversion par rapport aux engagements de juillet 2025, où Eramet avait annoncé la construction d’une centrale électrique aux côtés du siège social du groupe et de la gabonisation des postes de direction de Comilog et Setrag. Un an plus tard, la production reste chez Eramet, mais l’infrastructure énergétique, l’un des postes d’investissement les plus lourds d’un projet industriel de cette taille, revient à l’État.
Sur la base de projets miniers comparables en Afrique centrale, notamment un projet manganèse en cours d’étude en République démocratique du Congo dont les besoins électriques dépassent 300 MW, l’usine gabonaise de 265 kt par an nécessiterait une puissance du même ordre de grandeur. Au coût moyen observé pour une centrale thermique neuve, entre 1 et 1,5 million de dollars par mégawatt installé, la facture se situerait entre 180 et 270 milliards de FCFA, une estimation qui reste à confirmer par les autorités et par Eramet.
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Ce montant représente plusieurs fois le budget annoncé pour le fonds d’amorçage industriel « Fabriqué au Gabon », dont la dotation n’a pas été chiffrée mais dont l’ambition, 3 000 emplois, paraît modeste face à l’ampleur de l’investissement énergétique que l’État devra porter seul ou avec des partenaires encore à trouver.
Pour le Gabon, l’équation est donc la suivante : sécuriser plusieurs centaines de milliards de FCFA d’infrastructure électrique pour permettre à un groupe privé de transformer localement un minerai dont l’État reste, par ailleurs, actionnaire minoritaire via le FGIS. Le protocole ne dit pas comment cette charge sera financée, ni si elle pèsera sur le budget de l’État, sur l’endettement public ou sur un partenaire extérieur restant à identifier.







