
Libreville, le 6 septembre 2026-(Dépêches 241). Elle n’est pas éloignée, l’époque où la parole était facile pour ceux qui, depuis les tribunes de l’opposition ou des plateaux de télévision, s’érigeaient en donneurs de leçons de gestion des affaires publiques. Et madame Laurence Ndong faisait partie de ces figures qui, portées par la colère d’un peuple éprouvé par la mauvaise gouvernance, n’avaient de cesse de dicter la marche à suivre, de pointer les insuffisances du pouvoir et de donner à croire, à qui voulait l’entendre, l’idée d’une gestion exemplaire des affaires publiques. Ses discours, empreints d’une certaine éloquence, trouvaient un écho favorable auprès d’une population en quête de justice sociale et de compétence. Mais comme souvent, le fossé entre la théorie et la pratique s’est révélé abyssal.
Aujourd’hui, le vent a tourné. Madame n’est plus dans l’opposition, mais aux commandes, au gouvernement depuis la prise de pouvoir par le CTRI. Et c’est précisément là que le bât blesse. Il faut regarder les choses objectivement : son passage au ministère de la Communication restera marqué par un scandale retentissant, celui des 500 000 millions de la subvention à la presse privée. Une affaire qui n’a pas laissé sa crédibilité intacte, au point qu’elle ait peut-être été à l’origine de son éviction de ce département ministériel.
S’en est suivi son passage au ministère de la Pêche qui, là aussi, s’est achevé dans les remous de l’affaire Gab’pêche, laissant derrière elle un parfum de gabegie et de promesses non tenues. On pourrait à cela ajouter l’épisode ubuesque des ordinateurs censés régulariser la situation administrative des enseignants, une histoire cousue de fil blanc qui a achevé de convaincre les plus sceptiques de son manque d’implication dans la gestion des dossiers sensibles.
Mais le constat le plus accablant reste son impuissance face au drame social des chômeurs ces derniers jours. Reçus à plusieurs reprises par le Président de la République, ces jeunes en quête d’emploi attendent toujours des solutions concrètes. Et voilà que Laurence Ndong, qui savait si bien théoriser sur l’emploi et la dignité humaine lorsqu’elle était dans l’opposition, se trouve aujourd’hui incapable de proposer la moindre issue crédible à cette crise. Ses belles paroles d’antan se heurtent à la dure réalité du pouvoir, et son silence ou son inaction face à cette jeunesse que tout le monde sait désœuvrée, en disent long sur la vacuité de ses engagements passés.
Il faut oser l’avancer: le temps est peut-être venu pour elle de tirer les conclusions qui s’imposent. Elle qui, en son temps, appelait à la démission des gouvernants incapables, ne devrait pas hésiter à appliquer à elle-même la même exigence. Démissionner serait, à défaut d’un sursaut de compétence, un acte de cohérence. Car le peuple, lui, n’a pas oublié. Il se souvient des promesses, des indignations et des leçons de morale. Et il constate, amer, que ceux qui parlaient le mieux hier sont souvent ceux qui agissent le plus mal aujourd’hui. Et dans ce registre, la ministre de la Fonction publique est bien loin d’être la seule.







