Gabon: un taxi-un emploi, la nouvelle trouvaille du gouvernement Gabonais pour résorber le chômage ?

le gouvernement semble incapable de résorber la problématique du chômage ©DR

Libreville, le 22 mars 2022 (Dépêches 241). Selon Gabonactu, plusieurs voitures aux couleurs de taxis seraient depuis quelques jours stationnées dans la zone économique de Nkok. Ces véhicules, toujours d’après le journal en ligne, pourraient être attribués à des jeunes chômeurs dans le cadre d’un nouveau projet dénommé, un taxi-un emploi. Seulement, la pertinence de ce projet, le énième du genre, suscite des interrogations dans l’opinion.  

40%. C’est le pourcentage des jeunes Gabonais qui, selon plusieurs études, connaissent actuellement le chômage. C’est donc dans l’optique de résorber cette problématique, que le gouvernement aurait acquis plusieurs véhicules qui seront, dans les prochains jours, redistribués à des Gabonais dans le cadre d’un nouveau programme dénommé, un taxi-un emploi, rapporte notre confrère Gabonactu dans une publication ce jour. 

Si à priori cette initiative semble traduire la volonté des plus hautes autorités de solutionner l’épineux phénomène du chômage, il n’en demeure pas moins que de l’avis de nombreux observateurs, elle interroge quant à sa pertinence et son opérationnalité. Transformer les jeunes Gabonais en taximen est ce une solution viable pour résorber le chômage ? Ne serait-il pas plus pertinent pour lutter contre le chômage de mettre en place une politique globale visant à soutenir davantage l’initiative privée ? La formation ne peut-elle également pas être une solution sérieuse pour pallier cette problématique ?

Mieux, ce projet pose un problème manifeste d’inadéquation formation-emploi, surtout lorsque l’on sait qu’une grande partie des chômeurs est diplômée des universités et grandes écoles du Gabon (UOB, USTM). Est ce pertinent de convertir un ingénieur en informatique en taximan ?

Autant d’interrogations qui conduisent à penser que cette nouvelle initiative, la énième du genre (les populations ont encore en mémoire le un jeune-un emploi ou encore le projet graine) pourrait de nouveau être un flop. Un écran de fumée destiné à filouter les jeunes principales victimes du chômage, le tout à moins d’un an des échéances électorales.

Au moment où la Fonction publique, autrefois principal pourvoyeur d’emplois peine à recruter, le gouvernement gagnerait à mettre en place des politiques publiques visant à soutenir sérieusement les initiatives privées, en sus de créer un régime fiscal bénéfique pour les entreprises privées qui souhaitent recruter les jeunes.

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