Interdiction des caravanes médicales: Guy Patrick Obiang veut-il freiner l’ascension du Samu Social du Dr Yaba ?

Guy Patrick Obiang craint-il que le Dr Wenceslas Yaba lui vole la vedette ? ©DR

Libreville, le 13 octobre 2022 – (Dépêches 241). Dr. Guy Patrick Obiang, ministre de la Santé et des Affaires sociales, conditionne désormais l’organisation des caravanes médicales à une autorisation délivrée par le ministère dont il a la charge. Toutefois, selon certains observateurs, la mise en application de cette mesure intervient au moment où le Dr. Wenceslas Yaba, responsable du Samu social Gabonais, commence à faire de l’ombre à son ministre de tutelle. 

Le ministre de la Santé et des Affaires sociales, Dr. Guy Patrick Obiang Ndong a récemment conditionné, via un communiqué de presse, l’organisation des caravanes médicales par l’obtention d’une autorisation délivrée par ses soins. 

Ce dernier s’appuie en effet, sur la réglementation en vigueur, rappelant que  « Conformément aux dispositions du décret 000241/PR/MSF du 04 octobre 2018 réglementant la pratique de la médecine itinérante en République Gabonaise, l’organisation de ces caravanes requiert au préalable l’autorisation du Ministre en charge de la santé », précise le Communiqué.  Seulement, d’aucuns estiment que cette mesure est rappelée au moment où le Samu Social Gabonais commence à faire de l’ombre au ministère de la Santé en raison de son efficacité et sa promptitude à intervenir auprès des populations les plus vulnérables. 

De ce fait, certains  se demandent même si la mise en application de ladite mesure ne vise pas à freiner l’ascension du Samu Social Gabonais en même temps que l’influence grandissante de son Directeur général, Dr. Wenceslas Yaba. 

Pour rappel, chaque année le Samu Social Gabonais intervient en moyenne auprès de 300 000 personnes. Lesquelles bénéficient des soins médicaux et des médicaments gratuitement.  Dr. Wenceslas Yaba et son équipe répondent ainsi à l’efficacité du système de santé au Gabon, souvent défaillant et qui se concentre essentiellement au niveau des grandes agglomérations, créant ainsi des déserts médicaux, au grand dam des  populations de l’arrière pays. 

C’est à croire que le Samu social Gabonais doit désormais se soumettre aux autorisations du ministre de la Santé avant d’organiser ses missions médico-humanitaires aux risques d’être traîné en justice. C’est en effet la menace brandie par Dr. Guy Patrick Obiang Ndong a tous ceux qui oseront outrepasser cette nouvelle mesure.

Une mesure du reste incompréhensible quand on sait que plusieurs localités de l’arrière pays ne sont pas dotées d’hôpitaux ou même de simples dispensaires susceptibles d’administrer les premiers soins en cas de maladie ou de blessure. Abandonnés par l’État, ces villageois majoritairement du 3e âge, trouvent souvent leur salut dans les caravanes médicales organisées ci et là , soit par des personnalités politiques mais surtout par le Samu Social, lequel sillonne le pays en administrant des soins gratuits aux populations. 

Chose qu’est incapble de réaliser l’État, représenté ici par le Dr Guy Patrick Obiang Ndong. Dès lors émergent plusieurs interrogations. Quel est l’intérêt pour Guy Patrick Obiang d’exiger une autorisation pour organiser une caravane visant à soigner des concitoyens ? Non content d’être incapable de la faire le patron de la santé veut-il empêcher ces bonnes volontés qui réalisent ce qu’on attend d’un ministre de la santé ? Toutes ces questions en bon droit peuvent  se poser. 

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