
Libreville, le 25 avril 2023 (Dépêches 241). Du 21 au 23 avril dernier, Michel Menga M’essone a visité le département de la Noya. Totalement insensible aux attentes des populations qui croulent sous la misère sociale, le ministre de la Décentralisation de la cohésion et du développement des territoires est allé clamer son amour à Ali Bongo, qui l’a nommé au gouvernement, après un bref passage dans l’opposition.
Ils sont nombreux les membres du gouvernement qui sillonnent depuis quelques semaines leurs fiefs politiques. A quatre mois des élections présidentielles, le message est à quelques mots près le même. Tous clament leur soutien à Ali Bongo Ondimba, tout en invitant les populations à renouveler leur confiance au président de la république sortant, qui pourrait briguer un nouveau mandat en août prochain. Ce message est donc en toute logique, celui porté par Michel Menga M’essone qui a réalisé du 21 au 23 avril dernier, une mini-tournée dans le département de la Noya.
Là-bas, le ministre de la Décentralisation et du Développement des Territoires a « réaffirmé son engagement, son soutien à la politique du président de la république Ali Bongo Ondimba » a-t-on pu lire dans un communiqué de presse. Un discours éminemment politique, loin des attentes des populations privées depuis de nombreuses années d’eau et de médicaments. « Nous avons un dispensaire qui n’est pas doté de médicaments, les pompes hydro-villageoises sont obsolètes » relève un habitant de Cocobeach. A cela s’ajoute l’état de dégradation avancé de plusieurs axes routiers de la région.
Tout se passe comme si, totalement sourd aux préoccupations de ses compatriotes, Michel Menga M’essone n’avait pour seule ambition que de faire l’apologie de la personne d’Ali Bongo, au détriment de son bilan, du reste quasiment inexistant, au regard des conditions déplorables de vie des populations du département de la Noya depuis de nombreuses années. Une attitude égoïste et individualiste de l’homme politique, qui semble n’accorder que peu d’importance au sort de ses compatriotes.
Peu avant l’élection présidentielle 2016, Michel Menga M’essone avait été exclu du Parti Démocratique Gabonais en compagnie de Jonathan Ignoumba et Alexandre Barro Chambrier. Les trois hommes qui dénonçaient le mode de gestion du parti au pouvoir avaient créé, quelques semaines plus tard, le Rassemblement Héritage et Modernité, une formation politique ancrée dans l’opposition. Seulement un peu à la surprise générale, à l’issue des présidentielles, Michel Menga M’essone a retourné sa veste et rejoint le gouvernement d’Ali Bongo Ondimba.







