
Libreville, le 21 Juin 2023 – (Dépêches 241). Une guerre à la machette. C’est en quelque sorte la bataille que se livre depuis quelques semaines Norbert Diramba et Pierre Claver Manganga Moussavou, deux éminentes personnalités de la province de la Ngounié. Tancé en premier, par l’opposant, le membre du gouvernement a réagi par le biais d’une manifestation, pendant laquelle, sans fioritures, il a vertement critiqué les postures félonnes et opportunistes du président du parti social démocrate.
L’inimitié entre Jean Norbert Diramba et Pierre Claver Manganga Moussavou prend des proportions de plus en plus importantes. Ces deux personnalités politiques se livrent un duel de coq dans lequel tous les coups sont portés sans retenue. Le premier a dégainé dans cette guerre de chiffonniers fut l’ex vice-président de la République. Ce dernier avait notamment accusé le ministre du Tourisme d’être l’un des commanditaires des crimes rituels dans la ville de Mouila. Silencieux depuis ces attaques et ces accusations d’une particulière gravité, Norbert Diramba n’avait jamais daigné y accorder du crédit encore moins y répondre. Mais les récentes sorties sous fond de xénophobie du président du PSD ont convaincu l’ancien partisan des Démocrates de sortir de sa réserve.
À la faveur d’une rencontre populaire, le membre du gouvernement est revenu sur la réputation non usurpée d’opportuniste et de girouette politique reconnue à Manganga Moussavou. « Maganga Moussavou est comme un paysan communiste Breton du 20 e siècle qui vote le parti socialiste et va à l’église le dimanche. Il est à la fois de l’opposition et de la majorité. De la majorité quand cela l’arrange, (…) et de l’opposition quand il est à la recherche du gain et des honneurs », a dégainé Diramba avant de rappeler cette lapalissade. « Maganga Moussavou apparaît dès lors comme « un gros opportuniste », a-t-il ajouté.
Portée par cet élan et certainement par l’envie d’en découdre, Jean Norbert Diramba va porter une autre estocade à son adversaire lequel s’est prononcé de façon dénigrante sur la santé du président de la République, feignant d’omettre que du temps de sa présence dans les ors de la République, la santé d’Ali Bongo n’était pas un sujet dérangeant pour lui. « Comment expliquer qu’il y a quelques mois, alors Vice-président de la République, le même Maganga Moussavou implorait la bonté de Dieu Tout-puissant d’avoir été aux côtés du président ? », s’interroge avec désolation l’ex maire de Mouila.
Pour finir, c’est sur le débat relatif à la xénophobie que Jean Norbert Diramba a rhabillé pour l’hiver, Pierre Claver Manganga Moussavou. « L’utilisation des propos xénophobes, des injures, de la calomnie comme stratégie politique dénote de l’échec annoncé de leurs auteurs. » a-t-il conclu. Autant dire que la passe d’arme entre les deux hommes n’est pas près de prendre fin au regard de la charge reçue par « le Bouvier du Moutassou », lequel aura certainement à coeur de répondre à cette salve humiliante de Jean Norbert Diramba.







