Présidentielle: Oligui Nguema candidat civil mais toujours Co-Chef de la Garde Républicaine ?

Alors qu’il dit concourir à la présidentielle en qualité de Civil, aucune communication n’a été faite sur son remplacement à la tête de la GR dont il demeure en principe le Commandant en Chef © DR

Libreville, le 1er avril 2025 – (Dépêches 241). Dans une série d’interviews données récemment sur plusieurs chaînes de télévision, le Président de la Transition, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, a laissé entendre qu’il prendrait part au scrutin présidentiel du 12 avril prochain en tant que civil. Seulement, pour beaucoup, ces déclarations semblent sonner comme des contre-vérités, au regard de l’opacité entourant la mise en disponibilité du Général-Candidat, mais surtout en l’absence d’un acte administratif faisant foi et signé des autorités compétentes, mettant définitivement un terme aux nombreux discours sur le maintien d’Oligui Nguema à la tête de la Garde Républicaine, tout en étant candidat à la présidentielle.

Déjà présent sur toutes les lèvres aux aurores de la Transition, le débat sur la participation d’Oligui Nguema à la future élection présidentielle continue de cristalliser l’opinion publique gabonaise. Dernièrement, face aux journalistes de France 24 et RFI, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema a affirmé ce qui suit: « J’ai renoncé à mon statut de militaire, je concours en tant que civil. Et pour preuve, vous ne m’avez pas appelé Général, vous avez dit Brice Clotaire Oligui Nguema. C’est dire que le titre de Général a disparu, je suis un civil », a-t-il argué.

Une déclaration qui semble ne pas convaincre dans l’opinion, d’autant plus qu’à ce jour, aucun acte administratif justifiant de la mise en disponibilité effective du Général-Candidat n’a été brandi et présenté aux populations, mieux encore aucune cérémonie officielle de passation de charges avec le nouveau Commandant en Chef de la Garde Républicaine n’a été organisée. Une situation qui renforcerait de plus en plus les doutes sur la crédibilité du processus électoral actuel devant marquer la fin de la Transition.

Une idée non saugrenue qui a d’ailleurs été reprise, il y a quelques jours par le candidat consensuel de l’opposition au scrutin présidentiel d’août 2023, le Professeur Albert Ondo Ossa. « Je tiens d’abord à rappeler que le militaire est un fonctionnaire. Il fait une demande de mise en disponibilité qui est traduite au Ministre de la Fonction Publique via le Commandant en Chef de l’armée », a d’abord indiqué Ondo Ossa.

Pointant une démarche coupée de toute transparence, il a également questionné les différentes étapes ayant conduit à la validation de la candidature du Général-Président. « Mais la démarche d’Oligui n’est pas bonne. Qui a vu le texte ? Il a fait la demande auprès de qui ? Qui a vérifié ? Puisque nous sommes en période électorale, il faudrait que nous ayons tous les documents datés et authentifiés. Qui a fait la demande ? Il l’a fait où ? Auprès de quelle autorité? », s’est ensuite interrogé l’universitaire.

Pour finir, il a clairement fait savoir que « la déclaration verbale faite au stade n’a pas valeur juridique (…) essayons d’être un peu sérieux. Tout ce qui s’est fait depuis le 30 août s’est fait sur la base du non-droit et se fait sur la base sur la base du dit. En quoi le dire remplace un acte juridique ? Un acte administratif ? Pour moi, je n’ai pas vu ce texte là et je dis qu’ Oligui Nguema se paye la tête des Gabonais. Il n’a pas démissionné, il n’a écrit aucune lettre, aucune autorisation ne lui a été donnée, il reste toujours Commandant en Chef de la Garde Républicaine, parce que c’est sa seule couverture. Il ne peut nullement se présenter comme civil à l’élection présidentielle », a-t-il conclu sur ce sujet.

Comme plusieurs aspects de cette transition dirigée par les militaires, même la situation relative à la mise à disponibilité du président de la Transition Brice Clotaire Oligui Nguema, aujourd’hui candidat à l’élection présidentielle est frappée du sceau de l’opacité. Tout le contraire de ce qui avait été promis au soir du 30 août 2023 y compris le processus électoral qu’il avait pourtant annoncé « Transparent, libre et crédible ». 

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