Déguerpissements de Plaine-Orety: des propriétés gabonaises détruites, une église appartenant à un sujet nigérian seule épargnée  

La bâtisse du ressortissant nigérian a été épargnée après que les logements des Gabonais ont tous été démolis, une application deux poids deux mesures de la décision ? © Dépêches 241

Libreville, le 05 juin 2025-(Dépêches 241). Dans le tumulte de l’affaire des déguerpissements des populations du quartier Plaine-Orety, une injustice semble avoir vu le jour: pendant que toutes les habitations environnantes ont été détruites, une église, appartenant supposément à un sujet nigérian aurait été épargnée, sans connaître les raisons exactes pour lesquelles ce lotissement n’a pas été rasé comme tous les autres. Une situation qui a engendré la colère des autres riverains, tous impactés par ces démolitions.

Depuis lundi 2 juin dernier, le quartier Plaine-Orety dans le 1er arrondissement de la capitale gabonaise, subit des déguerpissements jugés musclés et injustes pour de nombreuses familles qui continuent d’affirmer ne jamais avoir reçu aucun centime de l’État. Une situation particulièrement éprouvante pour de nombreux compatriotes qui n’avaient que pour seuls investissements, ces lotissements leur servant d’habitation, quand d’autres étaient simplement en location.

Seulement, à côté de cette injustice qui n’a pas fini de chagriner de nombreux pères de familles qui viennent d’assister, impuissants, à la destruction de plusieurs décennies de leurs sacrifices, une autre aurait vu le jour, sous les regards hagards des mêmes sinistrés. Une église appartenant supposément à un sujet nigérian et située en plein milieu de la zone à détruire, a été inexplicablement épargnée des casses.

Une situation qui aurait conduit ses voisins, notamment le fils du défunt Général Moulopo à s’opposer à son tour à la destruction de ses maisons, cherchant à comprendre les raisons pour lesquelles, bien que située dans la zone impactée par le déguerpissement, cette église, propriété d’un nigérian, aurait été sautée dans l’opération de démolition. « Voilà l’essor vers la félicité que nous clamons.  Et la restauration de la dignité des Gabonais.  Les bâtiments des Gabonais sont détruits, mais le bâtiment d’un Nigérian n’est pas inquiété,  nous comprenons bien qu’il y a des mains invisibles qui interviennent dans l’ombre », à lâché le voisin, très remonté contre l’équipe de démolition.

Pour ne laisser prospérer dans l’opinion l’hypothèse de la corruption ou du favoritisme, encore moins celle de l’application de la loi sous le prisme du deux poids deux mesures, les autorités en charge de cette opération sont vivement invitées à s’expliquer sur cette situation. Comment comprendre que l’église d’un expatrié soit restée debout, quand toutes les maisons des gabonais, sans distinction de situation, ont été rasées ? L’opinion attend avec impatience la réponse à cette interrogation.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*