
Libreville, le 23 juin 2025 – (Dépêches 241). À l’Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire (AGASA), structure stratégique chargée du contrôle de la qualité des produits alimentaires au Gabon, l’ordre hiérarchique vient d’être bousculé de manière spectaculaire. En effet, dans une note de service surprenante, le Directeur Général, Jean Delors Biyoghe Bi Ntougou, actuellement en déplacement, a désigné un chef de service pour assurer son intérim, écartant ainsi son propre adjoint. Une décision qui jette le trouble dans le fonctionnement de cette administration publique censée incarner rigueur et discipline.
Ce choix, pour le moins inhabituel, n’est pas anodin. Il intervient dans un contexte tendu entre le Directeur Général et son adjoint, un officier de l’armée mis à disposition de l’AGASA, qui avait récemment mené un contrôle inopiné auprès de plusieurs producteurs d’eau en sachet. L’opération, bien que saluée par l’opinion pour avoir mis en lumière la distribution d’eau impropre à la consommation, n’aurait pas été au goût du Jean Delors Biyoghe. Ce dernier aurait reproché à son adjoint d’avoir agi sans validation formelle de la Direction, estimant que ce contrôle relevait d’un excès de zèle. En gros, au détriment du résultat de la mission, le DG a fait le choix de s’appesantir sur la méthode.
Ainsi donc, au lieu d’apaiser les tensions internes, la nouvelle note de service semble jeter de l’huile sur le feu. En contournant son adjoint au profit d’un subalterne, Jean Delors Biyoghe Bi Ntougou met à mal le fonctionnement normal de cette administration. Pire, cette décision donne à voir une gestion capricieuse des affaires, que certains n’hésitent pas à qualifier, non sans ironie, d’« humeurs de femme enceinte », tant elle paraît dictée par des émotions plutôt que par la raison.
La conséquence directe d’une telle dérive hiérarchique est la mise en porte-à-faux du système de commandement. Comment un Adjoint, censé être le bras droit du Directeur Général, peut-il se retrouver sous les ordres d’un agent placé en dessous de lui dans une structure administrative ? La situation frôle l’absurde, et prête à sourire si elle n’était pas révélatrice d’un profond malaise dans la gouvernance de l’AGASA. Car, au-delà de l’humiliation institutionnelle, c’est toute l’efficacité opérationnelle de l’agence qui est compromise.
Une telle cacophonie administrative donne l’image d’une AGASA en proie à des luttes d’ego et à des décisions impulsives. Cela nuit à la crédibilité de cette institution dont la mission est pourtant essentielle : protéger la population contre les dangers alimentaires. Alors que le pays attend de ses autorités de la rigueur, de la transparence et de la cohérence, l’AGASA offre, elle, un triste spectacle de confusion interne.
Pour le bien fondé de la Ve République, il serait grand temps que la Direction Générale de l’AGASA retrouve la voie de la rationalité administrative. Les conflits personnels, aussi légitimes soient-ils, ne doivent jamais primer sur le bon fonctionnement d’un service public. Encore moins lorsque ce dernier touche à la sécurité alimentaire de toute une population. Le respect de la hiérarchie, la cohérence des décisions et la transparence des procédures doivent redevenir les fondements de cette institution, au risque de la voir sombrer dans le ridicule. À charge pour les plus hautes autorités de prendre les mesures qui s’imposent afin de mettre un terme à ce spectacle désolant conduit par des méthodes que l’on pensait d’un autre temps.







