Gabon: les cabinets du Président et de ses deux Vice-présidents coûteraient entre 600 et 900 millions au contribuable

Les Cabinets du Président de la République et de ses deux Vice-Présidents coûteraient un peu moins d’un milliard par an ©Montage Dépêches 241

Libreville, le 25 Juin 2025 – (Dépêches 241). Depuis la réforme constitutionnelle de novembre 2024, le Gabon fonctionne sans Premier ministre, remplacé par une double vice-présidence : l’une politique (Séraphin Moundounga), l’autre exécutive (Hugues Alexandre Barro Chambrier). Cette réorganisation, vantée comme une modernisation de l’action publique, masque un coût supplémentaire pour les finances publiques. En cumulant le Président de la République et ses deux adjoints, l’appareil présidentiel s’élargit en personnel, en logistique et en fonctionnement, avec une addition salée pour le contribuable.

Le cabinet du Président de la République, déjà bien doté, comprend en moyenne 60 à 80 personnes, toutes catégories confondues. Le coût estimé de fonctionnement annuel entre salaires, indemnités, sécurité, per diem, carburant, voyages, frôle les 4 à 5 milliards FCFA. À cela s’ajoutent les deux vice-présidences : leurs décrets respectifs prévoient désormais pour chacun, un Directeur, des conseillers spéciaux, techniciens, attachés, personnel de sécurité et diplomatique. Chacun de ces deux cabinets coûterait entre 600 et 900 millions FCFA par an, portant la charge institutionnelle globale de la Présidence à plus de 6 milliards FCFA/an.

Contrairement à l’argument officiel de modernisation, cette nouvelle configuration ne simplifie pas l’action gouvernementale. Elle l’éclate entre plusieurs pôles d’autorité sans hiérarchie claire. Ce qui induit une augmentation mécanique des coûts de coordination, des doublons dans les équipes, et une plus grande inertie administrative. Plus grave encore : il n’existe à ce jour aucune instance d’évaluation indépendante de ces entités présidentielles.

Et pendant ce temps, l’État peine à payer ses dettes

Pendant que l’État consacre plus de 6 milliards FCFA à la haute administration présidentielle, il peine à honorer certaines dettes intérieures envers les PME locales ou les hôpitaux en souffrance. Dans un pays où le SMIG stagne à 150000 FCFA, où l’eau potable reste un luxe dans de nombreuses provinces, ces chiffres sont difficilement justifiables. Et la Présidence gabonaise reste une « boîte noire » budgétaire. Aucune loi de finances n’en détaille les lignes réelles. La discipline budgétaire semble encore bien loin. La modernisation de l’Etat passe aussi et surtout par la transparence au sommet de l’État. 

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