Gabon: le Commonwealth lève entièrement la suspension du Gabon, Oligui Nguéma se félicite

Le Président de la République gabonaise, Chef de l’État, le Général de Brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, pendant la Transition après une audience avec la Secrétaire Générale du Commonwealth, Honorable Patricia Scotland KC © DR

Libreville, le 17 Juillet 2025 – (Dépêches 241). Près de deux ans après le coup d’État militaire du 30 août 2023, le Gabon retrouve pleinement sa place au sein du Commonwealth. Le 15 juillet dernier ,  le Groupe d’Action ministériel du Commonwealth (CMAG) a annoncé la levée complète de la suspension partielle qui frappait le pays depuis la rupture de l’ordre constitutionnel. Dans une communication sur ses réseaux sociaux, le Président de la République, Chef de  l’Etat s’est personnellement félicité de la levée des sanctions qui visaient le Gabon au sein du Commonwealth.

Bien que n’ayant aucun lien colonial avec le Royaume-Unis, le Gabon fait partie des 56 Etats membres du Commonwealth depuis 2022. A la suite du coup d’État du 30 août 2023, le pays a fait l’objet d’une suspension partielle au sein de cette organisation.

Retour sur une adhésion inattendue au Commonwealth 

Le Commonwealth trouve son origine dans l’Empire britannique. Lorsque les anciennes colonies ( Canada, Australie, Afrique du Sud, etc.)  ont accédé à l’indépendance au cours du 20ᵉ siècle, elles ont souhaité garder les liens avec le Royaume unis tout en conservant leur souveraineté. L’empire britannique s’est transformé en une communauté de nations indépendantes liées par des liens historiques. C’est la naissance du commonwealth. 

Depuis le  commonwealth s’est ouvert à des pays qui n’avaient pas de lien colonial avec le Royaume -Unis. La Mozambique (ancienne colonie portugaise) a rejoint l’organisation en 1995, et le Rwanda ( ancienne colonie allemande,  Belge et française) en 2009.  

Concernant le Gabon, l’ancien président de la République, Ali Bongo Ondimba, a exprimé début 2022, son intention de rejoindre le Commonwealth. Cette déclaration a pris de court une grande partie de l’opinion, qui, dans l’ensemble, doutait de sa réalisation et peinait à en saisir les motivations. Pourtant, le 25 juin 2022, le Gabon a officiellement intégré l’organisation en tant que 55ᵉ membre, rejoint peu après par le Togo la même année. 

Une exclusion partielle du commonwealth pour rupture de l’ordre constitutionnel

À peine un an après son entrée dans le Commonwealth, le Gabon a été partiellement suspendu de l’organisation, au lendemain du coup d’État militaire du 30 août 2023. Le Commonwealth repose sur des principes fondamentaux auxquels ses États membres sont tenus de se conformer. Parmi ces principes figurent la démocratie, l’État de droit et le respect des droits humains. En renversant le régime élu en 2023, le président Oligui Nguéma a rompu l’ordre constitutionnel du pays, ce qui constituait, au regard de cette organisation, une violation directe de la Charte du Commonwealth.

 Du 18 au 19 septembre 2023, le CMAG s’est réuni à New York et a décidé de la suspension partielle du Gabon du Commonwealth. Cette suspension privait le Gabon de son droit de vote au sein de l’organisation en même temps qu’il était écarté de tous les processus décisionnels au sein des instances dirigeantes du Commonwealth.

Retour au sein du Commonwealth après le rétablissement de l’ordre institutionnel

C’était la condition imposée par l’institution dans l’optique d’une réintégration. Le 15 juillet 2025, lors d’une session extraordinaire, les États membres du Groupe d’action ministériel du Commonwealth (CMAG) ont pris à l’unanimité la décision de rétablir le Gabon dans l’intégralité de ses droits au sein de l’organisation.

Cette levée de suspension résulte de l’évolution politique et institutionnelle du Gabon et de sa coopération diplomatique avec le Commonwealth. Depuis le Coup d’État, le Gabon a adopté une nouvelle Constitution instaurant la Vᵉ République et a organisé des élections présidentielles au terme desquelles Brice Clotaire Oligui Nguéma a été élu. 

Sur ses plates formes numériques , le Président de la République, Oligui Nguéma, s’est lui-même félicité de la levée des restrictions qui pesaient sur le Gabon. « Je me félicite de la levée des sanctions qui frappaient le Gabon au sein du Commonwealth. Cette décision marque la reconnaissance de notre souveraineté par la communauté internationale, et vient saluer les efforts consentis depuis le début de la Transition. Elle témoigne de l’efficacité de notre diplomatie participative, portée avec engagement par nos institutions, nos représentants et l’ensemble du peuple gabonais » a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Le Gabon reprend toute sa place, avec dignité et responsabilité, dans le concert des nations. Cette victoire est celle de notre engagement commun pour la restauration de l’État, de la justice et de l’honneur de notre Nation », a-t-il écrit. 

Il convient désormais d’observer les répercussions de l’adhésion du Gabon au Commonwealth. Toutefois, il faut reconnaître qu’à ce jour, sous la Cinquième République, le Gabon continue à consolider sa position sur la scène internationale.

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