Gestion approximative à l’AGASA: le SYNATA hausse le ton en déposant un préavis de grève illimitée sur la table du DG

Jean Delors Biyogue, DG de l’AGASA fait face à une contestation farouche de son leadership et de ses choix manageriaux © DR

Libreville, le 25 Juillet 2024 – (Dépêches 241). Depuis plusieurs semaines, l’Agence Gabonaise de la Sécurité Alimentaire (AGASA) est en proie à d’extrêmes tensions entre les travailleurs et leur hiérarchie. Des frictions qui viennent de conduire le Syndicat National des Travailleurs de l’AGASA (SYNATA) à déposer un préavis de grève illimitée sur la table du Directeur Général de cette institution, le Dr Jean Delors Biyogue, accusé notamment de management « déconnecté des exigences normatives ».

Les dissensions n’en finissent plus à l’Agence gabonaise de la sécurité alimentaire (AGASA). Les travailleurs reprochent à la nouvelle hiérarchie de transgresser de manière constante les dispositions réglementaires et statutaires de leur administration. Dans un courrier daté du 16 juillet dernier, signé du Secrétaire Général du SYNATA, l’organisation pointe de nombreuses dérives dans le gestion de l’actuel Directeur Général, le Dr Jean Delors Biyogue.

Une kyrielle de griefs formulés au Directeur Général 

Parmi les nombreuses exigences formulées à l’endroit de leur patron, figurent l’annulation des décisions contestées n°00004/MAEDR/AGASA-DG du 14 mai 2025 et celle n°000629/MAEDR/SG/DG-AGASA du 11 juillet 2025, jugées contraires aux statuts et aux normes internes de l’agence, le  respect strict des textes législatifs, réglementaires et normatifs en vigueur à l’AGASA, le respect de la procédure de recrutement, conformément aux dispositions statutaires, le respect scrupuleux des contrats de travail et des droits acquis, le paiement des cotisations CNSS et CNAMGS.

Entre autres revendications faites par le personnel de l’AGASA à Jean Delors Biyogue, il y a la signature des avenants aux contrats de travail, depuis l’entrée en vigueur des nouveaux accords collectifs d’établissement, le paiement de la dette sociale aux agents lésés, l’arrêt des entraves à la liberté syndicale, la prise de service effective d’un médecin du travail, la mise en œuvre d’un véritable plan de carrière pour tous les personnels, contractuels comme fonctionnaires et enfin la certification des comptes financiers de l’agence par des cabinets externes indépendants.

Entre leadership contesté, suspicion de violation des textes et promotion « copains-coquins » ? 

Si pour l’heure il n’y a pas péril en la demeure, ces tensions persistantes au sein de cet établissement stratégique de l’État interrogent. En effet, depuis qu’il a été porté à la tête de cette administration, la gestion du Dr Jean Delors Biyogue semble être vivement critiquée, tant elle semble diamétralement opposée aux valeurs qu’il a toujours défendues par le passé, notamment les valeurs de mérite, de transparence et de bonne gouvernance.

À la tête de l’AGASA depuis quelques mois, celui qui se définissait naguère comme un « procédurier » dans l’âme nage aujourd’hui entre entre leadership contesté, violation des textes et promotion « copains-coquins » selon les syndicalistes de l’entité qu’il dirige. Toujours selon les travailleurs, il est également reproché au nouveau Directeur Général de procéder à des embauches sans tenir compte de l’explosion galopante de la masse salariale, de renouveler plusieurs contrats avec certains opérateurs en toute opacité et de promouvoir des proches, sans se référer aux dispositions légales en la matière au sein de l’agence.

Le dernier fait ayant suscité débats et protestations au sein de la boîte est la promotion d’une secrétaire proche du Dr Jean Delors Biyogue au poste de Chef de Bureau (CB). Une nomination que le syndicat dénonce avec énergie aujourd’hui, car ne répondant pas selon lui aux exigences normatives de l’établissement. On peut ajouter à cela des affectations jugées arbitraires, toujours au mépris des textes en vigueur et des critères professionnels. 

Des nominations, que Jean Delors Biyogue a naguère dénoncées du temps où il était PCA de l’agence. Désormais Directeur Général, l’homme applique à l’identique ce qu’il a lui-même auparavant condamné. C’est notamment le cas de la nomination du Chef de Bureau Aéroport et Chef de Bureau ANPI pour ne citer que ceux-là. Des nominations qui ne répondent à aucune exigence normative, selon le SYNATA.

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