
Libreville, le 28 Juillet 2025 – (Dépêches 241). Alors que la victoire d’Oligui Nguema à la présidentielle d’avril 2025 ne faisait guère de doute, les législatives et locales prévues pour septembre prochain s’annoncent autrement plus complexes pour l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB). D’autant qu’à Mbigou, le Parti présidentiel semble prendre un pari risqué en jetant son dévolu sur Cyriaque Moukoundji, ancien député sous la bannière du Parti Démocratique Gabonais (PDG) qui s’est opportunément recyclé pour traverser avec armes et bagages dans le camp du nouveau pouvoir. Une figure contestée dont la candidature suscite incompréhension, rejet et inquiétude dans cette circonscription électorale.
Dans le département de la Boumi-Louetsi, le bilan de Cyriaque Moukoudji n’a pas de quoi faire pâlir d’envie. Selon plusieurs Boumilois, son précédent mandat reste marqué par une inaction criarde. Son absence totale d’engagement politique et social à Mbigou aurait laissé un goût amer chez les populations, lesquelles ne se reconnaîtraient ni dans ses actions passées, ni dans son ambition actuelle, encore moins dans ses trajectoires fluctuantes et inconstantes. Pour beaucoup, il incarne le prototype du politicien opportuniste, plus préoccupé par sa carrière que par le sort de ses électeurs. Dès lors, son retour sur la scène locale apparaît comme une provocation.
La décision de l’Union Démocratique des Batisseurs (UDB) de s’appuyer sur un tel profil pose problème à plus d’un titre. Si le régime présidentiel actuel permet à Oligui Nguema de gouverner sans majorité parlementaire, il serait politiquement suicidaire pour son jeune Parti de se priver d’un ancrage solide à l’Assemblée nationale. L’enjeu symbolique est crucial: une faible représentation traduirait une désaffection populaire et affaiblirait la légitimité du projet présidentiel. À ce titre, le choix des candidats devient un indicateur de la capacité de l’UDB à écouter la base.
Mais avec Cyriaque Moukoudji, le signal envoyé est tout autre. L’homme, qui continue de mépriser les attentes réelles des populations, ne fait que réveiller les vieilles blessures du PDG dans la région. Promesses non tenues, projets fictifs, mépris des doléances locales: voilà le legs qu’il traîne selon plusieurs observateurs de la vie politique de cette ville du pays. Son investiture, loin de rassurer, semble plutôt rallumer les braises de la méfiance, voire de la colère populaire, qui pourraient de façon irréversible se retourner vers le Président de la République, Chef de l’Etat.
Un passé politique PDGiste qui ne plaide pas en sa faveur
Sur le terrain, la grogne est palpable. De nombreux habitants de Mbigou dénoncent un recyclage des élites déchues du régime Bongo, comme si rien n’avait changé. Le mécontentement est d’autant plus fort que le choix de Moukoudji comme secrétaire national provincial a lui-même été contesté. Une nomination qui, aux yeux de plusieurs observateurs, relève plus de l’arrangement politique que du mérite, alors que la province regorge de cadres neufs, compétents et crédibles, injustement écartés.
Dans ces conditions, il est crucial de reconnaître que: le PDG est aujourd’hui perçu à Mbigou, comme partout ailleurs dans le pays, comme un vestige, une nébuleuse toxique du passé. L’UDB gagnerait à cet effet, à ne pas sous-estimer l’effet repoussoir de ses anciennes figures, au risque de compromettre ses chances dans une localité stratégique. Maintenir la candidature de Cyriaque Moukoudji, c’est non seulement nier les aspirations populaires, mais aussi faire preuve d’une légèreté politique coupable. Pour espérer convaincre et remporter la victoire, le Parti présidentiel devra revoir sa copie, écouter les signaux du terrain, et faire des choix à la hauteur des attentes des populations.







