Législatives 2025 dans le G7: le PDG version Louembé aligne les « thuriféraires » du régime Bongo Ondimba pour maintenir son emprise

Ces Zélateurs du régime avilissant Bongo-PDG sont encore en lice dans cette élection de rupture et de renouveau © Dépêches 241

Libreville, le 6 août 2025 – (Dépêches 241). Relégué dans une opposition de façade depuis la chute du régime Bongo Ondimba, le Parti Démocratique Gabonais (PDG) ne compte pas pour autant renoncer à son ancrage territorial. Dans la province de l’Ogooué-Lolo, bastion historique du parti, la faction dirigée par Blaise Louembé, aligne pour les législatives de 2025 une série de candidats issus de l’appareil ancien. Des figures connues pour leur fidélité au pouvoir déchu, surnommées ironiquement les « cassicks » du système Bongo, sont ainsi remises au front électoral dans une tentative manifeste qui suscite déjà autant d’admiration que de craintes chez ses adversaires. 

À Koula-Moutou, la capitale provinciale, la stratégie du PDG-Louembé consiste à recycler des figures déjà bien connues de l’électorat. Dans le 1er arrondissement, Ivogoma Pierre Claver, un ancien du sérail, fait équipe avec Mbembo Véronique. Le 2e arrondissement voit le retour d’un poids lourd du régime précédent : Pacôme Moubelet Boubeya, ex-ministre, associé à Moungoma Bibenda. Quant au 3e arrondissement, le ticket Righou Ide Nestor – Sianghan Gaëtan complète une ligne offensive à l’ancienne, sans surprise ni renouvellement.

Sur le plan communal, la même logique de reconduction prévaut. Le 1er arrondissement aligne Louembe Blaise, figure bien implantée dans les réseaux locaux du PDG et président de sa faction, en binôme avec Mbambasandza Davy. Dans le 2e, Mbadinga Madiya Hugues revient avec Kouma Jean Baptiste, autre visage familier du paysage politique local. Cette répétition des mêmes profils, parfois usés par des décennies de gestion contestée, traduit moins une volonté de renouveau qu’un instinct de conservation.

Dans le département de Mulundu, la dynamique est identique. Les quatre sièges disponibles sont confiés à des acteurs dont les liens avec l’ancien système sont évidents. Dodo Bounguendza Eric Charles François (1er siège), Mawobo Lendoye Fernando (2e), Ngouagouya Étienne (3e) et Ngoussi Manianga Fernand (4e) sont tous accompagnés de colistiers tout aussi enracinés dans l’appareil PDG-Bongo. Ce quadrillage méthodique donne l’impression d’une machine politique cherchant à se perpétuer, plus qu’à se réformer et se réinventer. 

Pour les analystes, cette stratégie illustre une incapacité du PDG à se réinventer. Plutôt que de proposer de nouveaux visages porteurs d’une vision différente, la version Louembé semble s’accrocher à ses vieux chevaux de bataille, comptant sur l’inertie électorale et les réseaux clientélistes encore actifs dans la province. Si la discipline du parti reste intacte, sa capacité à susciter l’adhésion au-delà de ses cercles traditionnels pose question.

En s’appuyant encore et toujours sur l’expérience des « cassicks » du régime Bongo, le PDG version Louembé tente de maintenir artificiellement son emprise sur l’Ogooué-Lolo. Mais ce retour massif des anciennes figures pourrait aussi alimenter la lassitude d’une partie de l’électorat, en quête de véritables ruptures après les promesses d’un nouvel ordre politique. À force de refuser de tourner la page, le PDG prend le risque de se fossiliser dans son propre passé.

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