Gabon : « Le Roi Béni » profitait des complices dans l’armée pour commettre ses crimes 

Ted Willy Alimbi Ognalagha, alias Le Roi Béni aurait bénéficié des appuis dans l’armée pour opérer dans ses activités criminelles © Montage Dépêches 241

Libreville, le 14 août 2025 – (Dépêches 241). Ted Willy Alimbi Ognalagha, alias Le Roi Béni, a de nouveau été arrêté ce mercredi 13 août 2025. Celui qui se présente comme un acteur économique repenti, affirmant avoir bâti sa réussite grâce à des activités légales, s’avère en réalité être un criminel solidement implanté dans le trafic de drogue, et désormais impliqué dans le braquage avec armes à feu des résidences appartenant à de hautes personnalités de la République. Sa particularité réside dans le soutien qu’il reçoit des militaires bien informés, qui l’assisteraient dans ses activités illicites. L’armée, présentée par le président Oligui Nguéma comme ayant sauvé le Gabon, se retrouve ainsi pointée du doigt pour avoir favorisé activement ou passivement, l’essor de ce sulfureux personnage et participé à la prospérité de ce criminel notoire.

C’est du moins ce qu’affirment nos confrères de l’Union qui ont révélé l’affaire hier et donnant des détails précis sur le modus operandi et les liens entre Ted Willy Alimbi Ognalagha dit « Le Roi Béni» . Adulé par certains chanteurs, tels que l’Oiseau Rare, et soutenu par d’autres artistes qui n’hésitent pas à siéger comme jurés lors des concours de chant qu’il organise, cache pourtant une face sombre. Dans les coulisses, il est connu pour ses liens avec le trafic de drogues et, plus récemment, pour son implication dans des braquages de résidences appartenant à de hautes personnalités.

Le 13 août 2025, la Police Judiciaire a annoncé avoir démantelé un réseau criminel particulièrement violent dirigé par Ted Willy Alimbi Ognalagha. Spécialisé dans les attaques de domiciles de figures influentes de la République, ce gang opérait grâce à la complicité de certains militaires et prenait appuie sur un système de corruption bien rodé. Le groupe utilisait des méthodes sophistiquées : armes issues de l’armée, dispositifs pour neutraliser les caméras de surveillance, et même des poisons destinés aux chiens de garde.

Un soutien militaire évident entoure le Roi Béni, et nul ne peut le nier. Il y a déjà plusieurs années, alors qu’il était incarcéré, des vidéos compromettantes avaient fuité : on le voyait y célébrer son anniversaire, entouré de ses co-détenus, avec gâteau et pâtisseries. Or, de telles festivités sont formellement interdites en prison, tout comme l’usage de téléphones portables. Ces privilèges n’ont pu exister que grâce à la complicité d’autorités et de gardiens pénitentiaires à sa solde.

Aujourd’hui encore, le Roi Béni aurait bénéficié du même appui au sein des forces armées pour commettre ses forfaits. Selon un récit de nos confrères de L’Union, les armes utilisées par ses complices appartenaient à un militaire, frère de l’un de ses associés. Certains agents du corps militaire auraient facilité l’accès des malfaiteurs aux résidences de personnalités influentes. Plus inquiétant encore, parmi les maisons cambriolées figurent celles de l’ancien président Ali Bongo Ondimba et de Maixent Accrombessi, son ex-directeur de cabinet, des propriétés pourtant hautement sécurisées.

L’armée complice sera-t-elle publiquement exposée ? Le général Oligui Nguéma dénoncera-t-il ouvertement ces agissements au sein de l’institution qu’il ne cesse de glorifier ? Une enquête approfondie sera-t-elle menée ? Car si la population perd confiance en son armée, en qui pourra-t-elle encore se fier ? 

L’affaire du Roi Béni met également en lumière une problématique de plus en plus débattue au sein de l’opinion. La nature des profils au sein de forces de défenses et de sécurité du Gabon. De nombreux anciens délinquants, en difficulté pour trouver un emploi, s’engagent dans l’armée pour obtenir une relative stabilité financière. Mais avec des salaires modestes, certains poursuivent leurs activités illégales. Certains abusent de leur statut pour intimider des citoyens, d’autres prêtent main-forte aux criminels notoires tels que le Roi Béni dans ses opérations.

Dans d’autres circonstances, ces agents des forces de l’ordre cèdent à l’argent facile et oublient tous les principes de la déontologie militaire devant quelques espèces sonnantes et trébuchantes. Même si dans le cas du Roi Béni, tout porte à croire qu’il aurait bénéficié de solides soutiens dans les cercles de la haute  République, tant il semblait intouchable. Symbole de cette réalité, le détachement à sa sécurité personnelle de plusieurs agents de la garde républicaine, un corps d’élite spécialisé dans la protection des personnalités politiques. 

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