
Libreville, le 14 août 2025 – (Dépêches 241). Le 12 août dernier, Oligui Nguema a réuni son équipe gouvernementale pour le traditionnel conseil des ministres. Cette rencontre a permis aux membres du gouvernement d’examiner les principaux défis de la société. À cette occasion, plusieurs mesures ont été adoptées pour favoriser l’emploi des nationaux sur le territoire gabonais, certains secteurs d’activité leur étant désormais réservés à titre exclusif. Par ailleurs, le gouvernement s’est intéressé au commerce informel, largement dominé par des étrangers, et, dans une démarche de protectionnisme national, a interdit à ces derniers d’exercer illégalement certaines activités de petite envergure.
Au Gabon, il est vrai que de nombreux secteurs d’activité sont largement dominés par des étrangers. Pendant longtemps, les Gabonais ont surnommé les commerçants de quartier « les Maliens », en raison de la forte présence des citoyens maliens dans ce domaine. Aujourd’hui encore, cette tendance se poursuit dans de nombreux secteurs économiques, où les ressortissants étrangers continuent de jouer un rôle prépondérant. Dans ce contexte, les Gabonais éprouvent des difficultés à s’imposer et à créer leurs propres marques, peinant parfois à se faire une place durable dans leur propre économie.
Le Gabon protège désormais des métiers exclusivement pour la jeunesse gabonaise
Le 12 août dernier, le Conseil des ministres a entériné une réforme d’envergure visant à consolider la souveraineté économique et à protéger l’entrepreneuriat gabonais. D’après le communiqué lu par la porte-parole du gouvernement, Laurence Mengue Me Nzoghe épouse Ndong: «Pour renforcer la souveraineté économique et promouvoir l’entrepreneuriat national, notamment celui des jeunes, le Conseil a décidé de réviser la réglementation sur les métiers réservés aux nationaux afin d’en garantir l’exercice exclusif par les Gabonais, y compris dans les secteurs émergents tels que le commerce numérique et l’entrepreneuriat moderne»,a-t-elle fait savoir.
Cette réforme illustre une volonté claire du gouvernement gabonais de renforcer la souveraineté économique et de soutenir l’entrepreneuriat national, notamment celui des jeunes. La mesure vise à favoriser l’initiative locale. « Des rapports réguliers seront exigés pour en assurer l’application effective» a précisé la porte-parole.
Vers un commerce informel régulé et au service de l’économie nationale
Abordant la question du commerce informel, le Conseil des ministres a constaté que ce secteur très dynamique échappe souvent au cadre légal et pénalise les entrepreneurs nationaux, en particulier les jeunes et les femmes. Une part importante de ces activités est en effet exercées par des étrangers.
Le Gouvernement a dorénavant interdit aux opérateurs étrangers l’exercice de certaines activités de petites envergures à l’instar du « commerce de proximité, envoi d’argent non agréé, réparation de téléphones et petits appareils, coiffure et soins esthétiques de rue, orpaillage artisanal non autorisé, intermédiation informelle dans l’achat de récoltes, exploitation de petits ateliers ou machines de jeu sans enregistrement» a ainsi précisé la porte-parole du gouvernement.
Le gouvernement prévoit de mettre en œuvre cette mesure de manière progressive, en prévoyant une période transitoire et en s’appuyant sur le rôle actif des collectivités locales. L’objectif principal est de mieux organiser et de rééquilibrer le commerce informel, tout en accompagnant les opérateurs nationaux vers une transition vers la formalisation. Pour ce faire, ils bénéficieront de procédures simplifiées, d’un soutien technique et fiscal, ainsi que de dispositifs de financement spécifiquement adaptés à leurs besoins, afin de favoriser un développement économique structuré et durable. Dans cette même dynamique, le président de la République a annoncé la création d’un transitaire national pour assainir et réorganiser un secteur actuellement marqué par des pratiques irrégulières.
Ces réformes poursuivent un objectif central : offrir aux Gabonaises et aux Gabonais, et en priorité à la jeunesse, les moyens d’accéder à l’autonomie économique, condition essentielle pour éradiquer durablement la pauvreté. Toutefois, si ces mesures peuvent favoriser la création d’opportunités et renforcer le sentiment national, leur réussite dépendra de la capacité des gabonais et notamment des jeunes à disposer des compétences, des ressources nécessaires pour occuper efficacement ces marchés, sans freiner le développement des secteurs concernés.







