
Libreville, le 14 août 2025 – (Dépêches 241). Depuis son accession à la présidence, Brice Oligui Nguéma multiplie les initiatives pour promouvoir le Gabon à l’international, à travers des déplacements officiels et la conclusion de partenariats. Ces derniers jours, une polémique d’un tout autre ordre agite les réseaux sociaux. Une influenceuse gabonaise, connue sous le nom de Tata Bertille et âgée d’une quarantaine d’années environ suscite de vives réactions sur les réseaux sociaux. Dans des séquences vidéo largement partagées sur la toile, on la voit interpeller des commerçantes béninoises installées au nouveau marché de Lambaréné, leur demandant de retourner exercer au Bénin, estimant que les emplacements seraient réservés aux Gabonaises. Un comportement jugé xénophobe par de nombreux internautes en Afrique et ailleurs.
On se souvient tous de la polémique autour d’Aya Nakamura à la veille de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’été en France. Annoncée parmi les chanteuses devant y participer, cette artiste a été la cible d’une vague de haine et de propos xénophobes, relayés aussi bien sur les réseaux sociaux que sur certains plateaux télé. En mars 2024, le groupe d’extrême droite Les Natifs a même déployé à Paris une banderole à caractère raciste visant directement l’artiste, sur laquelle on pouvait lire : « Y a pas moyen Aya, ici c’est Paris, pas le marché de Bamako », pouvait-on lire.
Des vidéos récemment devenues virales montrent une Gabonaise en direct sur les réseaux sociaux, en train d’invectiver des femmes béninoises au nouveau marché de Lambaréné. « Moi, je suis Bertille, je suis gabonaise. On est d’accord ? Nous, nous sommes des influenceurs. On vient filmer le marché », se présente la quadragénaire face au groupe de femmes béninoises qu’elle vient d’approcher. Tata Bertille poursuit ensuite son monologue : « C’est un nouveau marché. Toutes les gabonaises doivent avoir des places ici avant vous ». S’adressant ensuite à un certain Eric, elle ajoute : « Tu as vu toutes les femmes musulmanes qui sont là ? Elles ont déjà eu des places et les Gabonais sont en train de pleurer, ils n’ont pas eu de places. Ça ne va pas se passer comme ça », fulmine t-elle.
La xénophobie se manifeste par l’hostilité, la méfiance ou le rejet à l’égard des personnes étrangères ou perçues comme appartenant à une autre nation ou communauté, indépendamment de leur apparence physique. En Afrique, l’une des formes les plus sévères de xénophobie se constate en Afrique du Sud. Depuis la fin de l’apartheid, le pays a connu plusieurs vagues de violences xénophobes ciblant principalement les immigrés africains et leurs commerces.
Ces épisodes, survenus notamment en 2008, 2015 et 2019, ont entraîné la mort de plusieurs centaines de personnes et le déplacement de milliers d’autres. De nombreux Sud-Africains refusent que des étrangers gèrent des commerces sur leur territoire, tout en montrant une attitude plus tolérante envers les travailleurs de race blanche.
Pour revenir à l’affaire Aya Nakamura, Treize membres du groupe « Les Natifs ont été jugés en juin 2025 pour « injure publique à caractère raciste » ; des peines allant de quatre mois de prison avec sursis à quatre mois ferme ont été requises, le jugement étant attendu pour le 17 septembre 2025. Au Gabon, les autorités gabonaises vont t’elles sévir? Est ce l’image du Gabon qui doit circuler sur les réseaux sociaux ? N’ y a t il pas de gabonais qui vivent au Bénin ? Sont-ils libres d’exercer une activité sur place ou vont-ils désormais être renvoyés à ouvrir un commerce au Gabon ?
D’autant plus que le maire de Lambaréné, présent sur les lieux, a souhaité clarifier la situation. « Les premières femmes à entrer dans ce marché, c’est celles qu’on a sorties pour poser ce marché. Parce qu’elles exerçaient ici et on les a mises à côté. Quand le marché est fini, on les rentre d’abord. Ensuite, nous parcourons les ruelles pour ramasser les femmes qui sont sur le long de cette rue », a expliqué le maire. En réalité, selon le Délégué Spécial, les vendeuses béninoises ont été déplacées pour la construction du marché, puis réinstallées prioritairement dans ce nouvel espace.







