Conseil Supérieur des Affaires Islamiques du Gabon: la gestion d’Adboul Razzaq Guy Kabongo de plus en plus contestée?

Abdoul Razzaq Guy Kabongo pendant l’assemblée générale extraordinaire du Conseil Supérieur des Affaires Islamiques du Gabon en mars 2024.

Libreville, le 14 août 2025-(Dépêches 241). Porté à la tête du Conseil Supérieur des Affaires Islamiques du Gabon (CSAIG) en février 2024, Abdoul Razzaq Guy Kabongo semble ne plus faire l’unanimité au sein de la communauté musulmane du Gabon. C’est en tout cas ce que révèle le climat particulièrement délétère qui prévaut chez les musulmans du Gabon. Il serait reproché à l’actuel chef de la communauté musulmane d’avoir failli à ses missions principales et d’orienter essentiellement le Conseil Supérieur des Affaires Islamiques du Gabon vers le pouvoir politique.

Abdoul Razzaq Guy Kabongo serait désormais en disgrâce au sein de la communauté musulmane gabonaise. Plusieurs griefs seraient formulés à l’endroit de celui qui se fait appeler dans le milieu islamique local « l’homme du Président ». Battu à la régulière par l’Imam Cheikh Omar Omanda lors de l’élection du 29 février 2024, Abdoul Razzaq Kabongo aurait tout de même été porté au Conseil Supérieur des Affaires Islamiques du Gabon (CSAIG) avec l’appui du Général Brice Clotaire Oligui Nguema, à l’époque Président de la Transition.

Une première pilule difficile à avaler

Malgré cette quasi imposition à la tête de leur organisation de celui qui avait été battu à l’élection, les musulmans du Gabon avaient placé beaucoup d’espoir dans l’idée qu’il remplirait avec sagesse et exemplarité dues à son rang, les missions que lui avait assignées le Président de la Transition de lors, en vue de ramener calme et sérénité au sein de la maison. Rien n’y fût. Au contraire, selon de nombreux Imams, Abdoul Razzaq Kabongo s’en est même éloigné de ses missions, brillant par une gestion opaque et non consensuelle du Conseil Supérieur des Affaires Islamiques du Gabon.

Des dérives qui exacerbent les tensions au sein du CSAIG

Parmi les récriminations faites à l’actuel chef de la communauté musulmane du Gabon figure une forte inclinaison vers la chose politique. En effet, il est reproché à Kabongo d’avoir presque contraint les musulmans du Gabon à voter en faveur de la nouvelle Constitution et de soutenir la candidature du Général Brice Clotaire Oligui Nguema à l’élection présidentielle du 12 avril dernier, là où ces derniers attendaient davantage un retour aux fondamentaux de la religion musulmane qui se veut neutre et apolitique.

Toujours au rang des griefs, il y a également les nominations faites par Guy Kabongo qui semblent ne pas plaire à la majorité de la communauté. Selon de nombreux Imams, la nomination d’Ali Reynald Radjoumba au poste de Directeur Général du Groupe Média Nour Gabon serait en parfaite violation des dispositions du code de communication gabonais qui interdit aux agents de l’État d’être « propriétaire ou dirigeant d’une entreprise privée de communication », soutiennent plusieurs Imams.

Tous ces éléments combinés à une forme d’arrogance et de refus de dialoguer entraînent aujourd’hui un climat de défiance vis- à-vis d’Adboul Razzaq Kabongo et mettent désormais à mal la cohésion et l’entente au sein d’une maison qui n’a pas encore pansé ses plaies, après le départ d’Ismaël Oceni Ossa après les événements du 30 août 2023.

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