
Libreville, le 22 août 2025 – (Dépêches 241). La guerre au sein du Parti Démocratique Gabonais (PDG) a-t-elle silencieusement pris fin ? Depuis la publication de la liste unique du Parti Démocratique Gabonais (PDG) faite par Angélique Ngoma et Blaise Louembe, il n’y a eu aucune communication du coté de la faction dirigée par Ali Akbar Onanga Y’Obegue qui avait pourtant annoncé préparer les élections législatives et locales. Le 19 août 2025 dernier, la Cour constitutionnelle a rendu plusieurs arrêts. Parmi ces derniers, le rejet de la requête déposée par Ali Akbar Onanga Y’Obegue et son avocat, Me Nkea, laquelle contestaient la légitimité des modalités de désignation des organes dirigeants actées par leurs adversaires.
Depuis la destitution de l’ancien Président Ali Bongo Ondimba, le Parti démocratique gabonais (PDG) s’est vautré dans un bicéphalisme sans nul pareil avec d’une part l’ail d’Ali Akbar Onanga Y’Obegue et l’autre, plus majoritaire, menée par l’ancien ministre Blaise Louembé et Angélique Ngoma. Cette rivalité portée devant le tribunal de première instance, était en attente d’une décision de la Cour constitutionnelle.
Le 26 juillet dernier, Onanga Y’Obegue s’était réjoui sur ses réseaux sociaux d’une décision favorable du juge des référés du Tribunal de Libreville. Dans un message intitulé « La justice a parlé : le droit triomphe de l’usurpation », l’ancien ministre a présenté cette décision comme une victoire judiciaire. Il y affirmait que « la justice a tranché » et que le juge avait « refusé de se prêter à cette mascarade judiciaire ». En réalité, le magistrat s’était simplement limité à accueillir l’exception d’inconstitutionnalité soulevée par Me Nkea et à suspendre la procédure dans l’attente de la décision de la Cour constitutionnelle.
Lors de l’audience, Me Nkea avait en effet contesté la conformité à la Constitution des modalités de désignation des organes dirigeants, dans un contexte de transition politique. La suite de la procédure dépendait donc de l’avis de la haute juridiction, entraînant le sursis à statuer. Le 19 août dernier, la Cour constitutionnelle a rendu sa décision. L’institution présidée par Dieudonné Aba’a Owono, a rejeté la requête introduite par la faction des loyalistes d’Ali Bongo Ondimba. L’exception d’inconstitutionnalité soulevée par Ali Akbar Onanga Y’Obegue portant sur l’article 64 de la loi relative aux partis politiques, a été rejetée.
Ali Akbar Onanga Y’Obegue et sa faction se retrouvent donc sans siège, sans liste officielle pour les élections législatives et locales, et après la décision de la Cour constitutionnelle, ils perdent toute légitimité institutionnelle.
La guerre de clans au PDG se serait-elle éteinte dans le silence, après tous ces mois de tensions ? Du côté d’ Ali Akbar Onanga Y’Obegue, c’est le mutisme complet : pas de communiqué, pas de point de presse. Faut-il en conclure que la version « Ali Bongo Ondimba » du PDG est définitivement enterrée ? A quelques jours de la fin du processus de dépôt et de clôture des candidatures, poser la question, c’est déjà y répondre.







