Élections Locales et législatives : Oligui Nguema hausse le ton face aux magouilles de la CNOCER  

Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la République , Chef du gouvernement © DR

Libreville, le 23 août 2025-(Dépêches 241). Depuis la révélation d’informations faisant état d’irrégularités dans la composition des listes de candidatures pour les législatives et locales de septembre, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, est sorti de son silence pour adresser une mise au point ferme. Dans une déclaration solennelle, il a dénoncé des « incongruités inacceptables » qui, si elles étaient confirmées, porteraient un coup sérieux à l’équité du processus électoral et à la crédibilité des institutions. 

Le chef de l’État a rappelé que la transparence et la rigueur républicaine ne sauraient être marchandées. Dans un ton sans concession, il a exigé que les autorités compétentes assument pleinement leur rôle afin de garantir la régularité du processus. Pour Oligui Nguema, il ne saurait être question de laisser « la négligence ou l’opacité » miner notre démocratie en gestation. Un avertissement adressé aussi bien aux institutions, dont la CNOCER et le ministre de l’intérieur, en charge des élections qu’aux acteurs politiques tentés par les arrangements douteux. 

Cette intervention s’inscrit dans la volonté affichée par le président de consolider l’élan démocratique amorcé depuis le coup d’État du 30 août 2023. En évoquant l’élection présidentielle « saluée ici et ailleurs pour sa conduite exemplaire », Oligui Nguema a tenu à placer la barre au même niveau pour les prochaines échéances. Il en va, selon lui, de la confiance des citoyens, mais aussi de la reconnaissance internationale du processus gabonais. 

Afin d’assurer cette crédibilité, le président a insisté sur le rôle déterminant des observateurs nationaux et internationaux. Leur présence, affirme-t-il, est un gage d’impartialité et un rempart contre toute suspicion de manipulation. De plus, il a annoncé des mesures concrètes, comme le dépouillement bureau par bureau en présence des médias et l’organisation d’une « nuit électorale », signe d’un souci de transparence inédite. 

Cette posture, alliant fermeté et promesse de rigueur, vise à rassurer un électorat encore méfiant après des décennies de pratiques électorales controversées. Oligui Nguema semble vouloir faire de ces scrutins un test grandeur nature pour la solidité du renouveau démocratique qu’il proclame. 

De fait, la prise de parole du chef de l’État apparaît comme un double signal : une mise en garde adressée aux responsables du désordre électoral, principalement le ministre de l’intérieur Hermann Immongault et la CNOCER et un engagement solennel envers le peuple gabonais et la communauté internationale. Mais au-delà des paroles, c’est la capacité des institutions à traduire cette exigence de transparence dans les faits qui déterminera si ce tournant annoncé devient une réalité historique ou un énième rendez-vous manqué.

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