Incongruité des candidatures Aminata Ondo ou UDB-PDG : la partialité et la passivité de la CNOCER exposées ?

La CNOCER attendue dans le traitement des dossiers incongrus comme les alliances UBD-PDG ou les contorsions d’Aminata Ondo © Dépêches 241

Libreville, le 26 août 2025 – (Dépêches 241). La récente publication des listes de candidatures pour les élections législatives et locales met une nouvelle fois en lumière les incohérences dans la gestion des dossiers par la Commission Nationale d’Organisation des Élections et du Référendum (CNOCER). Loin de donner des gages de rigueur et de transparence, l’institution a plutôt offert à l’opinion publique un spectacle d’amateurisme inquiétant. La validation de dossiers entachés d’irrégularités fait planer un doute sérieux sur la qualité du processus électoral et sur la sincérité des résultats à venir.

L’exemple le plus édifiant reste celui d’Aminata Ondo, figure de la société civile, qui se retrouve à la fois candidate indépendante aux législatives et inscrite sur la liste du parti présidentiel, l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), pour les locales dans la même circonscription. Un cas ubuesque, inédit dans l’histoire électorale du Gabon, et en totale contradiction avec la nouvelle loi électorale, notamment son article 52, qui encadre strictement les coalitions et les candidatures communes. Au lieu d’éclairer l’opinion, la CNOCER a choisi le silence, accentuant ainsi les soupçons d’une stratégie délibérée visant à brouiller le jeu démocratique.

Il est désormais difficile de croire à la simple erreur administrative. Tout pourrait indiquer au contraire une volonté méthodique de manipuler le processus. Plusieurs témoignages font état de dossiers volontairement écartés ou vidés de pièces pour certains candidats jugés réfractaires ou hostiles au pouvoir actuel, et ce, après délivrance d’un récépissé témoignant de la complétude des dossiers. Cette pratique, si elle se confirme, traduit une dérive autoritaire de l’organe électoral, qui semble agir sous des influences partisanes envers les personnalités proches du pouvoir plutôt que dans le respect de la loi.

Ce comportement laisse craindre une partialité assumée de la CNOCER, qui ne se limiterait plus à l’inertie mais s’affirmerait comme un acteur du désordre électoral. En foulant aux pieds les principes d’impartialité et d’égalité de traitement, ses membres hypothèquent l’État de droit, fragilisent la démocratie et s’attaquent directement à l’élan de renouveau promis par les nouvelles autorités après le coup d’État du 30 août 2023. Loin d’incarner le changement espéré, la CNOCER donne l’image d’une institution figée dans les pratiques opaques du régime déchu.

La CNOCER et le Ministère de l’Intérieur à l’épreuve de la mise en garde du président de la République 

À terme, l’affaire Aminata Ondo pourrait devenir un symbole du dévoiement de la Transition politique. Car derrière cette incongruité, c’est toute la crédibilité des prochaines élections qui se joue. Une élection entachée de soupçons et d’irrégularités ne peut produire ni légitimité ni stabilité. Si le pouvoir en place ne rectifie pas le tir, il portera la responsabilité d’avoir trahi l’espoir d’un peuple déjà trop souvent trompé.

Ainsi, l’affaire de la candidature d’Aminata Ondo semble ne pas être une simple anomalie administrative: elle met à nu la passivité et la partialité de la CNOCER. En s’illustrant par des pratiques qui rappellent les travers du passé, voire pire, cette institution fragilise la confiance des citoyens et compromet le délicat processus de reconstruction politique. Si rien n’est fait pour corriger ces dérives, le Gabon risque de retomber dans les cycles d’instabilité et de contestation qu’il prétendait avoir dépassés. 

Une dérive démocratique  que ne saurait accepter le président de la République, Chef du gouvernement Brice Clotaire Oligui Nguema, lequel à travers une sortie d’une clarté inouïe a invité avec une certaine fermeté, le Ministère de l’Intérieur à revoir la copie et à corriger ces incohérences. « Je le dis avec fermeté : ces incongruités si tant est, qu’elles  sont avérées sont  inacceptables. Elles portent atteinte à l’équité du processus électoral et sapent les fondements mêmes de notre démocratie. La transparence, la rigueur et le respect des règles républicaines ne sont pas négociables », a-t-il fait savoir.  

Herman Immongault va-t-il ignorer cette interpellation ou mise en garde ou va-t-il régler la mire avant la fin du processus de validation des candidatures ? La question reste entière.

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