
Libreville, le 28 août 2025 – (Dépêches 241). Depuis la publication des listes électorales pour les élections législatives et locales prévues en septembre, le climat politique s’est considérablement tendu. Ce qui apparaissait naguère comme un processus électoral apaisé et attractif est désormais ébranlé par des contestations multiples. Dans cette atmosphère, le Ministère de l’Intérieur et la Commission nationale d’organisation et de coordination des élections et du référendum (CNOCER), ont fait l’objet d’un désaveu patent, non seulement de la part d’une frange significative de la population, mais aussi du chef de l’État en personne. Depuis le 26 août dernier, la Cour constitutionnelle est appelée à connaître de 57 recours introduits aux fins de validation ou d’invalidation de candidatures.
S’il est vrai qu’un contentieux préélectoral est inévitable puisqu’il fait partie des règles du jeu démocratique, les gabonais s’attendaient néanmoins à davantage de rigueur de la part des organes électoraux de la Vᵉ République d’Oligui Nguema. Or, le constat est amer : les mêmes pratiques opaques persistent, entre magouilles, alliances obscures, disparités et contradictions.
Le 26 août dernier, le Président de la République lui-même a dû hausser le ton. Sur ses réseaux sociaux, Oligui Nguema a publiquement interpellé son ministre de l’Intérieur, dénonçant « des informations troublantes» qui lui parvenaient « concernant des irrégularités dans la composition des listes de candidatures pour les prochaines élections législatives et locales». Le président de la République a demandé au Ministère de l’intérieur et à la CNOCER d’ assumer pleinement leurs responsabilités avec diligence et impartialité afin de garantir la régularité et la crédibilité de cette étape cruciale. À ce jour, aucune réaction publique n’a été enregistrée ni du côté du ministère de l’Intérieur, ni de celui de la CNOCER. La patate chaude a été refilée à la Cour constitutionnelle.
Le mardi 26 août dernier, un total de 57 recours ont été formellement introduits au greffe de la Cour constitutionnelle, en vue de solliciter la validation ou l’invalidation de candidatures aux élections législatives et locales. Il incombera au président de la Cour constitutionnelle, Dieudonné Aba’a Owono, ainsi qu’à l’ensemble des juges constitutionnels, d’examiner ces dossiers au cas par cas, afin d’assurer le strict respect des dispositions électorales et de garantir la transparence des scrutins programmés en septembre. La Cour est tenue de statuer sur l’ensemble de ces contentieux dans un délai réglementaire de huit jours.
Les requêtes portent essentiellement sur des contestations relatives à l’invalidation de candidatures présumées abusives ou à des irrégularités dans l’instruction des dossiers. En outre, s’agissant des élections des membres des conseils départementaux et municipaux, la Cour constitutionnelle, en séance plénière tenue mardi, a formellement invité la Commission Nationale d’Organisation et de Coordination des Élections et du Référendum (CNOCER) à procéder, dans les meilleurs délais, à la publication intégrale des listes de candidatures, permettant ainsi aux électeurs, comme aux observateurs, d’appréhender avec clarté et exhaustivité l’ensemble des candidatures en lice.
Pour rappel, les élections législatives et locales au Gabon sont prévues pour le 27 septembre 2025. La campagne électorale quant à elle s’ouvre du 17 au 26 septembre 2025.







