Gabon–Côte d’Ivoire : Mouyouma, une maîtrise globale mais une frilosité dans les derniers changements 

Le sélectionneur national a rendu une bonne copie hier qui aurait pu être plus belle s’il avait effectué des changements ambitieux © Dépêches 241

Franceville, le 10 septembre 2025 – (Dépêches 241). La rencontre choc entre les Panthères du Gabon et les Éléphants de Côte d’Ivoire a mis en lumière la maîtrise tactique du sélectionneur gabonais, Thierry Mouyouma. Face à un adversaire de taille, champion d’Afrique en titre, le technicien a su contenir les assauts ivoiriens et décrocher un match nul précieux. Serein et sûr de lui, il a montré qu’il pouvait conduire la tanière vers des sommets, malgré une apparente prudence dans ses derniers changements.

Pour ceux qui en doutaient encore, cette confrontation disputée au stade de la Rénovation de Franceville constitue une preuve tangible de l’audace et du sang-froid de l’ancien capitaine de l’Azingo national. Les Éléphants, redoutables sur le papier, n’ont pas réussi à faire fléchir Mouyouma et ses hommes, qui ont tenu tête avec courage et discipline tout en regardant droit dans les yeux les champions d’Afrique ivoiriens. N’y eût été l’absence des dieux du foot à Franceville, peu enclins à faire entrer la frappe de Babicka dans les buts adverses, on tenait là, sans doute, le match référence de Thierry Mouyouma à la tête de la sélection fanion. 

Mieux encore, les Gabonais ont souvent semblé dominer les débats. Jeu fluide, personnalité, agressivité et calme, les coéquipiers de Mario Lemina ont clairement montré un meilleur visage que leur adversaire du soir. Les assauts ivoiriens ont été multiples mais régulièrement stoppés, grâce à une organisation collective consécutive à la vision et la cohésion tactique du sélectionneur. En 1990, Franz Beckenbauer avait inventé le 4 devenu 6 en mettant Lothar Mattäus en chien de garde sur Maradona. Hier, Mouyouma a placé Lemina en ombre de Franck Kessie. L’ivoirien n’a pas existé, il n’a pas joué et n’a pas pesé car pris constamment à la gorge par l’ancien Merlus.

Comme un stratège en campagne, Mouyouma a su défendre au bon moment et lancer ses offensives avec justesse. Ses choix, parfois jugés frileux, étaient dictés par le souci de préserver un résultat précieux certes, mais qui ne nous avantageait pas. Très en vue contre le Seychelles, Averlant aurait pu emmener un peu de folie, ce qui en réalité manquait à ce match dans les dernières minutes. L’entrée de Poko, très peu à l’aise balle aux pieds, incapable de faire le jeu et excellent dans la bagarre plutôt que dans la construction de deux ou trois possibilités de créer un vrai danger en fin de match. 

Le Gabon n’est pas passé loin de l’exploit. Denis Bouanga a failli ouvrir le score après une percée fulgurante sur le flanc gauche, peu avant la demi-heure de jeu. Dans la foulée, une frappe de Mario Lemina a contraint le portier ivoirien à une parade décisive. En seconde période, Jim Allevinah puis Babicka ont eu l’opportunité de sceller le sort de la rencontre, mais sans succès. Les Panthères devront donc se contenter du partage des points, sans pour autant démériter.

Cette prestation a confirmé que le Gabon fait désormais partie des nations crédibles du football africain. Les prochaines échéances s’annoncent décisives, avec un mot d’ordre clair : aller chercher la victoire en Gambie, puis s’imposer à nouveau à Franceville face au Burundi, tout en espérant un faux pas des Éléphants. Le rêve reste permis. 

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