
Libreville, le 1er octobre 2025-(Dépêches 241). La victoire de Mays Mouissi, candidat de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), face à Yves-Fernand Manfoumbi du Parti Démocratique Gabonais (PDG), dans le département de la Dola, tend à se confirmer. C’est ce qui ressort de la déclaration de l’ancien ministre, qui a reconnu la victoire de son adversaire malgré les nombreux couacs ayant marqué le processus électoral. Une reconnaissance discrète, loin des grands élans démocratiques, mais une reconnaissance tout de même.
Dans une adresse destinée à ses soutiens et aux militants du PDG, Yves-Fernand Manfoumbi a tenu à remercier ses électeurs pour leur appui lors des législatives et locales du 27 septembre. Par la même occasion, il a reconnu la victoire de son opposant, Mays Mouissi, candidat du parti présidentiel. Une reconnaissance qui sonne davantage comme une contrainte que comme une adhésion sincère, au regard des pratiques contestables utilisées par les deux camps pendant la campagne et certainement auparavant par l’ancien homme fort du régime Ali Bongo Ondimba.
L’ancien député a néanmoins choisi de clore le débat en prenant acte des résultats proclamés par les autorités compétentes. « À l’issue des élections législatives, les résultats officiels ne m’ont pas été favorables. Il est inutile d’épiloguer longuement sur ce fait. Je prends acte de ce verdict des urnes, expression de la démocratie que nous devons tous respecter », a-t-il déclaré. Une formule qui, de manière implicite, suggère que le succès de son adversaire repose sur des moyens peu orthodoxes.
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Cependant, en tant que cadre du PDG, parti longtemps associé aux fraudes électorales, Manfoumbi ne pouvait guère contester ce scrutin sans prêter le flanc à l’accusation d’hypocrisie. D’autant que la réalité sur le terrain fut amère pour les deux protagonistes : un transport massif d’électeurs d’une ampleur inédite a été constaté. La petite localité de Ndendé, qui comptait habituellement environ 6 300 inscrits, a curieusement vu son électorat grimper à plus de 10 000 électeurs.
Dans ce contexte, il aurait été inconvenant pour Manfoumbi de nier la victoire de Mays Mouissi, actuel secrétaire général de l’UDB. Ce dernier peut donc se réjouir d’avoir échappé à un contentieux électoral, d’autant que les irrégularités du scrutin sont reconnues de part et d’autre.
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Ainsi, la reconnaissance contrainte de la victoire de Mays Mouissi par Yves-Fernand Manfoumbi illustre une fois encore les zones d’ombre qui entourent le processus électoral gabonais. Si elle apaise momentanément le climat politique dans la Dola, elle laisse néanmoins planer des doutes sur la sincérité du scrutin. Entre pratiques anciennes et nouvelles dérives, l’élection de 2025 confirme que la bataille pour une démocratie crédible au Gabon reste encore à mener.







