Législatives 2025 : À Mayumba, l’UDB zappe sur sa candidate et choisit son « frère sang », le PDG représenté par Angeligue Ngoma

À Mayumba entre le PDG et son parti l’UDB, Oligui fait le choix de soutenir la formation du parti du régime déchu © Dépêches 241

Libreville, le 9 octobre 2025-(Dépêches 241). Plus de doute ! L’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), parti présidentiel, et le Parti Démocratique Gabonais (PDG), ex-parti au pouvoir, semblent liés par un pacte de non-agression et une connivence politique depuis le coup de force militaire du 30 août 2023. L’illustration la plus éloquente en a été donnée à Mayumba, où la candidate de l’UDB, Tatiana Bouyou, a jeté l’éponge au profit d’Angélique Ngoma, du PDG, alors même que la campagne pour le second tour des législatives touchait à sa fin. Ce renoncement intervient alors que la secrétaire générale du PDG avait appelé tous les candidats de son parti à recourir à la justice face aux fraudes massives dont ils affirmaient avoir été victimes.

C’est une scène digne d’un film bollywoodien, où l’acteur principal ressuscite sans cesse, que vient d’offrir le théâtre politique gabonais, notamment dans la circonscription électorale de Mayumba. En effet, alors que la campagne électorale pour le second tour des législatives, prévu ce samedi 11 octobre, battait encore son plein, la députée de la transition et candidate en ballotage, Tatiana Bouyou, aurait renoncé à sa candidature. Ce désistement profite sans équivoque à Angélique Ngoma, l’éternelle députée PDG de la localité. Un revirement spectaculaire qui interroge et intrigue de nombreux observateurs de la vie politique nationale, d’autant que la candidate de l’UDB ne semblait pas en mauvaise posture.

L’abandon de Tatiana Bouyou à Mayumba en faveur d’Angélique Ngoma confirme le pacte inavoué entre l’UDB et le PDG

Cependant, une chose demeure certaine : jeter l’éponge à la dernière minute, alors que tous les feux semblaient au vert, ne s’est pas fait sans contrepartie. Ce geste tend à conforter la thèse selon laquelle le parti présidentiel entretiendrait, et c’est le moins qu’on puisse dire, des ententes cachées avec le PDG. Car rien ne saurait expliquer qu’une candidate issue du parti le plus influent du moment se désiste volontairement sans instructions venues de sa hiérarchie. Le plus troublant, c’est que cette décision intervient à la clôture de la campagne, frustrant des électeurs qui pensaient avoir encore le choix entre deux options politiques.

Une décision prise au sommet de la hiérarchie du Parti ? 

Cette situation vient enfoncer le clou des soupçons de liens contre-nature entre le PDG et l’UDB. Par ce geste dénué de toute logique démocratique, le parti du président de la République dévoile son véritable visage. En sauvant Angélique Ngoma d’un possible naufrage électoral, il ne tend pas seulement la main à une rivale, mais secourt symboliquement tout le PDG. Une incongruité politique majeure dans un pays censé avoir tourné la page d’un régime déchu. Aucune raison, quelle qu’elle soit, ne saurait justifier qu’un pouvoir issu d’un coup d’État multiplie les faveurs envers le parti qu’il a destitué, à moins d’entretenir avec lui une complicité tacite.

Une duplicité politique qui frise la trahison 

Certes, plusieurs actes antérieurs , notamment les nominations et promotions d’anciens cadres du PDG, auraient déjà dû alerter sur la duplicité entre l’ancien parti au pouvoir et les nouvelles autorités. Mais ce désistement à Mayumba, au-delà des soupçons, constitue une preuve flagrante de la manipulation insidieuse de l’opinion depuis le début de la transition. Avec cet acte, le doute n’est plus permis : les autorités actuelles semblent avoir scellé des accords qui visent à neutraliser, canaliser et aliéner la volonté populaire.

Le PDG n’a effectivement pas passé le relais 

Ainsi, la communication d’Angélique Ngoma, appelant ses camarades à déposer des recours après le premier tour des législatives et locales du 27 septembre dernier, semble avoir porté ses fruits. La voilà d’emblée réélue députée de Mayumba, à la faveur du retrait de son adversaire de l’UDB. Le chantage et la compromission auront donc suffi pour que les instances dirigeantes du parti présidentiel cèdent. Une situation qui renforce l’idée que le PDG demeure un acteur politique influent, promis à jouer encore longtemps un rôle déterminant dans la confiscation du pouvoir et des élections au Gabon. C’est aussi une preuve manifeste de la fragilité du régime actuel, incapable de gouverner en dehors des manœuvres et des alliances obscures qu’il prétendait combattre.

Au-delà de simples commérages, il est évident que le désistement de Tatiana Bouyou à Mayumba n’est pas un simple épisode électoral local : il symbolise la continuité du système politique gabonais, maquillé sous les oripeaux d’une transition. Derrière les discours de rupture, c’est la même logique de connivence, de clientélisme et de calculs partisans qui perdure. Mayumba devient ainsi le miroir d’un pouvoir qui, faute de courage politique, préfère pactiser avec l’ancien régime plutôt que d’assumer le changement qu’il avait promis.

2 Commentaires

  1. MBOUMBA Stéphan-Evrard

    Bonjour chers tous. Le PDG est une structure politique. Ceux qui ont gaspillés ce sont les humains de mauvaise foi. Angélique NGOMA est une enfant de Mayumba comme tant d’autres ( enfants). Elle n’est pas responsable des mauvais actes de développement ou l’évolution de Mayumba. Tous les enfants de Mayumba sont coupables. j’habite Mayumba et je sais ce que, je dis. Aujourd’hui d’une manière sociale, elle aide à 85% les habitants ( paiement des Enseignants bénévoles, aide aux malades, aide aux plus démunis, des décès et autres pour l’employabilité. Est une femme loyale , de bon cœur et très respectueuse. Juste la jalousie qui nous habite!!! Elle n’a pas peur d’ affronter électoralement qui que ce soit.
    Merci.

  2. MBOUMBA Stéphan-Evrard

    Elle n’a pas peur d’affronter électoralement qui que ce soit. Une femme de fer.

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