
Libreville, le 15 Octobre 2025 – (Dépêches 241). C’est une scène aussi troublante que symptomatique d’un climat de plus en plus pesant pour la presse gabonaise. Ce mercredi 15 octobre, le journaliste Harold Leckat, directeur de publication du média en ligne Gabon Media Time, a été interpellé à sa descente d’avion par des éléments de la Direction Générale des Recherches (DGR) de la gendarmerie nationale, avant d’être immédiatement conduit dans leurs locaux.
Revenant d’une formation professionnelle à Montpellier, en France, le journaliste n’aura pas eu le temps de poser pied sur son propre sol sans en être aussitôt privé de liberté. Une interpellation brutale, inattendue, qui soulève de lourdes interrogations quant au respect des droits fondamentaux dans notre pays.
Selon une source proche du dossier, Harold Leckat était attendu demain, Jeudi 16 octobre, pour une audition à la DGR, dans le cadre d’une affaire en lien avec la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). Mais pourquoi alors précipiter cette convocation ? Pourquoi ne pas avoir attendu l’échéance initialement fixée, préférant le spectacle d’une arrestation publique au protocole ordinaire d’une simple convocation judiciaire ?
Ce que l’on sait pour l’heure est mince : la nature des faits reprochés demeure floue, non communiquée. Mais une chose est certaine, il s’agit là de la deuxième convocation en quelques semaines adressée à Harold Leckat. Deux interpellations successives, ciblant le même homme, à travers le même canal : la DGR.
Au moment où le Gabon se cherche une voie vers la refondation institutionnelle et morale, ce type de pratiques résonne comme un signal d’alerte. Harold Leckat n’est pas seulement un citoyen. Il est journaliste. Et, à ce titre, sa liberté d’informer et de circuler devrait être protégée et non entravée.
Nous y reviendrons…







