
Libreville, le 15 Octobre 2025 – (Dépêches 241). Il aura fallu attendre les dix dernières minutes d’un match tendu, parfois haché, souvent fermé, pour voir s’élever les Panthères du Gabon, rugir enfin, et dompter les Hirondelles du Burundi dans l’enceinte vibrante du stade de Franceville. Une victoire (2-0) arrachée avec cœur, caractère et intelligence, au terme d’une rencontre qui longtemps a semblé se dérober aux desseins gabonais.
L’entame du match avait pourtant de quoi surprendre. Le sélectionneur Thierry Mouyouma, fort d’une ambition assumée, avait opté pour un audacieux 3-5-2, dessin tactique moderne mais exigeant. Une animation qu’on devinait pensée pour densifier l’entrejeu, poser le jeu, étouffer l’adversaire. Las, les automatismes manquaient, les lignes peinaient à se trouver, et les Gabonais, bien que volontaires, restaient bridés dans l’expression de leur potentiel. La première mi-temps s’étiola ainsi dans une forme de stérilité stratégique.
Mais c’est là que le technicien national révéla toute sa lucidité. À la reprise, Thierry Mouyouma bouscula l’échiquier : retour au 4-3-3, et entrées déterminantes de David Ekomie, Anthony Oyono et Mario Lemina Poko, en remplacement respectivement de Johan Obiang, Kanga Guelor et Bamba. Trois changements pour insuffler un nouveau souffle. Et le vent tourna.
Le Gabon devint plus conquérant, plus tranchant, et surtout plus vertical. L’équipe, jusque-là contrainte dans un tempo trop prudent, retrouva mordant et audace. Mais c’est l’entrée en scène d’un jeune homme de 19 ans, inconnu du grand public il y a encore peu, qui allait définitivement renverser la rencontre : Bryan Meyo, pur produit du centre de formation lyonnais, fit irruption dans l’arène comme une promesse vivante de renouveau.
Insouciant, vif, étincelant, le jeune attaquant électrisa la pelouse dès sa première touche de balle. Une prise de risque, un passement de jambes suivi d’une frappe sèche du droit qui fit frémir les tribunes, comme une annonce. Le ton était donné.
Puis, à la 80e minute, vint la délivrance. Sur une énième poussée côté droit, Denis Bouanga, obstiné, s’extirpe du marquage et centre. Le ballon, légèrement dévié par un défenseur burundais, retombe dans la surface. Bryan Meyo, acrobatique, inspiré, reprend victorieusement. Le cuir transperce les filets. Explosion de joie. Soulagement d’un peuple. Le Gabon mène.
Le Burundi vacille. Et le Gabon insiste. Sur une nouvelle accélération de Meyo, véritable feu follet dans son couloir, le jeune prodige élimine son vis-à-vis, centre en retrait pour Bouanga qui, dans un geste altruiste, remet à Lemina. Frappe instantanée. 2-0. L’estocade est donnée, le stade chavire.
Ce soir-là, plus qu’une victoire, c’est une révélation à laquelle ont assisté les supporters gabonais. Bryan Meyo, par sa fraîcheur, sa fougue et son culot, a réconcilié cette équipe avec son public, et offert à tout un pays une précieuse victoire qui entretient la flamme de l’espoir. Le rêve d’une qualification à la Coupe du Monde 2026 demeure intact, et le chemin, bien que semé d’embûches, paraît désormais un peu moins escarpé.







