
Libreville, le 16 octobre 2025 – (Dépêches 241). L’interpellation musclée de M. Harold Leckat Igassela, Directeur de Publication du média en ligne Gabon Media Time (GMT), continue de susciter une vive indignation dans les milieux médiatiques et au-delà. Ce 15 octobre 2025, à son arrivée à l’aéroport international Léon Mba de Libreville, après un stage de perfectionnement en France, le journaliste a été arrêté sans ménagement par les agents de la Direction Générale des Recherches (DGR), avant d’être conduit dans leurs locaux, où il a passé la nuit.
L’Organisation Patronale des Médias (OPAM) dénonce fermement cette méthode brutale, d’autant plus choquante qu’Harold Leckat avait, en toute transparence, informé les services de la DGR de sa disponibilité à se présenter à son retour sur le territoire national. Une convocation avait en effet été déposée au siège de Gabon Media Time (GMT), auquel la direction avait répondu en fournissant la preuve de son absence temporaire du pays.
Dans un État de droit, la disproportion de cette arrestation interroge. Elle apparaît non seulement attentatoire à la dignité d’un professionnel des médias, mais aussi contraire à l’esprit de dialogue et de respect des droits fondamentaux que les autorités se doivent d’observer. Harold Leckat n’est ni un criminel, ni un fugitif. Rien ne justifiait une telle mise en scène.
L’OPAM s’inquiète du silence persistant du Procureur de la République, pourtant garant de la légalité des poursuites, dans une affaire qui mobilise l’opinion et la profession journalistique. À ce jour, les charges pesant contre Harold Leckat demeurent opaques, alimentant les inquiétudes sur un possible acharnement contre un média reconnu pour son engagement et sa ligne éditoriale indépendante.
Il est essentiel de rappeler que Gabon Media Time, tout comme son éditeur Global Media Time, sont des structures légalement constituées. Porter atteinte à leur fonctionnement, c’est fragiliser un pan déjà vulnérable de l’économie nationale, celui des médias, et porter un coup à la vitalité démocratique du pays. Le pluralisme médiatique, pierre angulaire de toute démocratie moderne, ne peut être affaibli sans conséquence.
Face à cette situation, l’OPAM appelle à la libération immédiate et inconditionnelle d’Harold Leckat Igassela. Elle exige également une clarification publique des faits qui lui sont reprochés. Le traitement des journalistes ne peut relever de la répression, mais du strict respect du droit.
La liberté de la presse n’est pas une faveur accordée par les institutions: elle est un droit fondamental, garanti par les textes et porté par l’histoire. Elle se défend, se respecte, et surtout, se renforce. L’OPAM en appelle à la responsabilité des autorités compétentes : le dialogue doit prévaloir sur la coercition, la transparence sur l’arbitraire.







